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L’esclavage au Niger. Aspects historiques. Aspects juridiques. Dénombrement et statistiques.

Etude historique de l’esclavage au Niger

Articles reproduits avec l’aimable autorisation des auteurs et des éditeurs Anti-Slavery International de Londres & Association Timidria, Niamey.

Remerciements particuliers à monsieur Abdel Kader GALY.

GALY, Abdel Kader, L’esclavage au Niger. Aspects historiques. Aspects juridiques. Dénombrement et statistiques. Niamey, Anti-Slavery International mars 2004, 157 pages ; lauréat du Prix International des Droits de l’Homme décerné par Anti-Slavery International, novembre 2004.

  • Préface inédite pour histoire-afrique.org par Diouldé Laya

Voici une étude qui avait été soumise à un atelier au cours duquel aucune remarque n’était demeurée sans réponse : le contenu avait été approuvé, au moment même où l’Assemblée Nationale du Niger venait d’adopter une loi réprimant « l’esclavage et les délits voisins ».

En effet, elle avait été menée par un enseignant-chercheur de l’Université Abdou Moumouni de Niamey, spécialiste des sciences de l’éducation, Mr Galy , et un magistrat, ancien Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante et ancien Ministre de la Justice, Mr Mahaman Laouali Dandah.

Ayant donné quelques repères sur le Niger, l’ouvrage commence, dans le préambule, par démentir l’affirmation selon laquelle l’esclavage a pris fin en Afrique au 19e siècle puisqu’au Niger, en l’an 2000, on peut en distinguer trois formes. La situation actuelle est alors en contradiction avec les textes internationaux, en particulier la Déclaration Universelle des Droits de l’homme.

Aussi, dès l’introduction, les auteurs énoncent clairement l’intention : « La présente étude se veut une contribution à la mise en place des mécanismes nécessaires à l’éradication de l’esclavage au Niger ». Partant d’un minimum de non droit, elle va à la recherche de « ce que nous dirons les esclaves sur leur propre situation » : tout en remonyant l’histoire, elle entend déboucher sur « l’action consciente et méthodique pour que... plus personne ne soit relégué au rang dégradant d’esclave » (p. 21).

Dans la présentation de la méthodologie, la courte partie (pp. 23-24)consacrée à l’étude documentaire souligne la place privilégiée accordée aux thèses de doctorat soutenues par les chercheurs nigériens et aux documents disponibles au Service des Archives Nationales de Niamey.

Pour la constitution de la base de données (pp. 24-32), la description détaillée du long processus allant de l’élaboration du questionnaire (joint en annexe) au traitement, en passant par le choix et la formation de divers agents (enquêteurs, superviseurs, coordinateurs) s’achève par un exposé des « risques et difficultés ». C’est un véritable exploit qu’a réalisé une équipe ayant bien planifié le travail.

On peut passer très vite sur le rôle de l’Afrique dans l’esclavagisme (pp. 33-34) pour arriver à la troisième partie : « L’esclavagisme dans l’espace nigérien » (pp. 35-80). Elle décrit tour à tour l’esclavage dans diverses régions (Ouest, Ader, Aïr, Damagaram, Katsina, Mangari) ou sociétés kanouri, haoussa, touarègue, zarma-sognhay (pp. 36-48), l’idélogie de sa reproduction (pp. 49-52), tout cela avant la colonisation, l’esclavage sous la colonisation (pp. 53-76), et dans le Niger indépendant (pp. 75-80).

Il en résulte que l’esclave a joué, ici, le même rôle qu’ailleurs (p. 48) ; mais il « porte une marque indélébile... s’il procrée, ... le cercle vicieux se ferme sur sa descendance ... On naît esclave et on le demeure à vie »(p. 50), l’islam ayant été utilisé pour le justifier.

Le Niger indépendant a gardé le silence, que viendra rompre l’Association Timidria (Fraternité-Solidarité).

Dans la quatrième partie, « Esclavage, droit positif nigérien, droits de la personne humaine dans le Niger contemporain » (pp. 81-103), le magistrat recense et confronte les textes existants, puis constate l’inexistence, en droit nigérien, d’incrimination spécifique à l’esclavage et autres pratiques analogues telles que discriminations fondées sur la couleur ou l’ascendance, servage, etc. (pp. 81-92) ; il relève la pluralité des textes juridiques en vigueur (pp. 92-95), puis insiste, pour la mise en oeuvre du dispositif juridique nigérien, sur les difficultés que représentent, entre autres, le pluralisme juridique, l’organisation administrative, la tenure foncière, le caractère coutumier du mariage (pp. 95-102).

Les objectifs et activités de Timidria étant présentés de manière succincte, le lecteur prend connaissance de la base mise au point (pp. 111-134) à partir des données de l’enquête : travaux effectués par les esclaves, répartition par région et situation matrimoniale, décision relative au mariage d’une femme esclave, estimation totale du nombre d’esclaves, place de la violence : tels sont les éléments grâce auxquels s’ouvre la chantier de l’éradication de l’esclavage.

Les résolutions et recommandations de l’atelier ayant examiné l’étude, ainsi que des informations utiles complètent cet ouvrage qui a, il convient d’insister là-dessus, le mérite d’avoir soulevé au moins deux questions graves : la naissance de la conscience citoyenne démocratique, l’éventuelle réparation pour les victimes - restées sur place et exportées - de l’idéologie de la reproduction de l’esclavage africain.

En attendant des études similaires, l’ouvrage mérite une meilleure édition et une très large diffusion.

Diouldé Laya (Niamey, 6 mai 2005)

Mot des auteurs : « Ce travail n’aurait pas pu se faire dans de bonnes conditions s’il n’avait bénéficié de l’aide généreuse de : Diouldé Laya, Sadé Elhadji, Moussa Zangaou, Moussa Abdou Boubacar. Qu’ils trouvent ici l’expression de nos remerciements les plus sincères.

L’étude historique a été réalisée par Galy kadir Abdelkader de même que la présentation des données de la base. La partie juridique est l’œuvre de Mahaman Laouali Danda. La partie sur la lutte contre l’esclavage dans le Niger actuel a été rédigée par Timidria

La base de données a été conçue et réalisée par Galy kadir Abdelkader et Adamou Elhadji Danbadji.

Les opinions émises n’engagent que leurs auteurs et ne sauraient engager Timidria et Anti Slavery. »


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