

Nous traiterons trois volets : la marche vers l’indépendance, le Mali sous la première République et le Mali sous la deuxième République.
Après la conférence de Brazzaville en 1944, tout changea pour les territoires de l’AOF et de l’AEF, sur le plan politique. Les peuples colonisés réclamèrent plus de liberté. Le Soudan n’échappa pas à cette règle. Deux partis politiques vont se constituer. Il s’agit du PSP (Parti Progressiste Soudanais) de Fily Dabo Sissoko, instituteur puis chef de canton, du RDA (Rassemblement Démocratique Africain) né au congrès de Bamako le 18 octobre 1946 après de multiples tractations.
Pendant une décennie, le PSP parti des chefs coutumiers et des paysans, "des conservateurs" et le RDA de Mamadou Konaté et Modibo Keita vont s’affronter. Le PSP soutenu par l’administration coloniale contrôlent avec l’aide de cette dernière la presque totalité du pays. Le RDA bien organisé, partisan de l’indépendance, soutenu par de jeunes intellectuels sortis des écoles de formation de maîtres, de médecins africains etc.. gagna grâce à une politique de proximité une grande partie de l’électorat soudanais.
Aidés par les commerçants traitants, transporteurs, il finit par s’imposer au PSP qui dés 1956-57, cessait d’être le parti majoritaire. Aux élections du 2 janvier 1956, le PSP n’obtint que 37 % des suffrages contre 49.5 % pour le RDA. Arriva alors la loi cadre le 23 juin 1956, qui donna aux sept autres territoires de l’AOF et au Soudan, une large autonomie. Le Soudan disposa alors d’une assemblée élue au suffrage universel par un collège électoral unique, et d’un conseil de gouvernement présidé par le gouverneur tandis que la vice présidence était confiée à Jean Marie Koné. L’africanisation des hautes fonctions va se poursuivre en décembre 1956, Modibo Keita est élu maire de la ville de Bamako.
Le RDA gagna de plus en plus de terrain et à son troisième congrès qui se tiendra à Bamako du 25 au 30 septembre participèrent de hautes personnalités françaises comme François Mitterrand, Edgar Faure, Pierre Mendès France. Au référendum du 28 septembre 1958, contrairement à toute attente, le RDA partisan de l’indépendance, ancien allié du parti communiste fit voter oui. Les dirigeants du RDA que les membres du PAI (Parti Africain de l’Indépendance) d’alors condamnèrent, affirmèrent qu’ils n’étaient pas prés à cette date pour l’indépendance. Le PAI fit voter non au référendum. Le Soudan de la semi autonomie devint membre de la communauté franco-africaine.
Mais les dirigeants du RDA soudanais qui avaient compris que l’indépendance de chaque territoire, signifiait la balkanisation de l’Afrique multiplièrent les contacts en vue de la création d’une fédération. L’US RDA réussit à organiser en Décembre 1958 à Bamako un congrès pour la fédération.
Le Sénégal, la Haute Volta (Burkina Faso), le Dahomey (Bénin), la Mauritanie participèrent à ce forum. Mais pour des raisons de politique intérieure et de "pressions extérieures", la Haute Volta, le Dahomey, la Mauritanie se retirèrent. Le Sénégal et le Mali créèrent la fédération du Mali en janvier 1959.
La fédération du Mali commença alors des négociations avec la France qui aboutirent à son indépendance qui fut proclamée le 20 juin 1960, et à la signature d’accords franco-maliens. Mais les divergences entre Sénégalais et Maliens aboutirent à l’éclatement de la fédération du Mali dans la nuit du 19 août au 20 août 1960. Les dirigeants soudanais gardés d’abord prisonniers au Sénégal furent renvoyés chez eux par les trains du Dakar Niger. Des milliers de Soudanais jadis fonctionnaires, employés du gouvernement fédéral, ouvriers du Dakar Niger furent expulsés du Sénégal. Ils laissaient dans ce pays maisons, biens, et beaucoup de souvenirs.
Les dirigeants soudanais biens accueillis au bercail proclamèrent le 22 septembre 1960 la République du Mali et prenaient acte de la dissolution de la fédération que la France avait déjà plus ou moins entérinée.
Les dirigeants maliens rendaient d’ailleurs la France responsable du "coup d’Etat" du 19 au 20 août 1960, dans la mesure où les troupes françaises qui au non des accords franco maliens devaient intervenir se sont abstenues. Le Mali opta pour le socialisme à cause des événements de Dakar, tous les Maliens se rallièrent à l’US RDA.