

Dans cette partie deux périodes retiendront notre attention :
Au cours de la première époque qui correspond aux conquêtes et résistances l’avancée française du Sénégal vers le Soudan se heurtera à de farouches résistances. Elles échoueront malheureusement à cause de l’absence d’unité.
La deuxième période est celle de l’occupation du Soudan. Les Français organiseront et administrerons le pays selon leurs méthodes. L’exploitation coloniale qui ne devait s’achever qu’en 1960 avait commencé.
La conquête coloniale française de l’intérieur du Soudan Occidental commença dans la 2ème moitié du XIX è siècle. Installés au Sénégal les Français voulaient créer une grande voie commerciale qui s’établirait entre l’Océan Atlantique et le bassin du Niger par le fleuve Sénégal à partir de Saint Louis jusqu’à Médine. De là par voie terrestre jusqu’à Bamako puis par la navigation sur le fleuve Niger. Ils se heurteront aux redoutables résistances d’El hadj Omar, de Mamadou Lamine Dramé et de Samori.
a-El Hadj Omar et son empire
El hadj Omar Tall : Après son pèlerinage à la Mecque et son séjour à l’Université El Hazar du Caire il entreprit à partir de Dinguiraye (Guinée) la création d’un empire théocratique, adepte de la Tidjania (plus démocratique que la Kadriya très hiérarchique), El hadj Omar Tall à la tête d’une armée de 30.000 hommes équipés d’armes à feu lança le Jihad en 1852 [1].
Il s’attaqua au Bambouk, au Kaarta pour convertir à l’islam leurs habitants, adeptes de la religion traditionnelle. Mais en 1857 il se heurta aux Français qui avaient un fort à Médine. En 1855 en effet, Faidherbe avait fait construire un fort à Médine à 12 km de Kayes sur un terrain que lui avait cédé le roi du Khasso Diouka Samballa Diallo.
Pendant 4 mois, El Hadj Omar mis le siège devant Médine qu’il ne réussit pas à prendre. Médine fut débloquée grâce à l’arrivée des troupes françaises venues du Sénégal à la faveur de la montée des eaux du fleuve Sénégal en Juillet 1857. El Hadj Omar bloque à l’Ouest se dirigea vers Nioro puis vers Ségou qu’il prit en 1861, le Macina dont il mit à mort le roi Amadou Amadou en 1862 comme noté plus haut. Son influence s’étendait alors jusqu’à Tombouctou.
[1] Vitouhina G.O., Onoutchko V.G.- La république du Mali. Edition, Moscou, 1989.- Page 58