

La Dina ou royaume peulh du Masina
Le royaume peulh du Masina situé à l’est de Ségu n’a pas joué un rôle politique important avant le XIXe siècle. Adeptes de la religion traditionnelle venus du Bakunu , du Galam, au XI- XV e siècles, les Peulh éleveurs étaient dirigés par les Ardo. [19] Tour à tour vassaux du Mali durant au moins un siècle, du Songhoy, des pachas marocains de Tombuctu , des rois bamanan de Ségu , les Peulh s’émancipèrent. Après la dynastie des Diallo, Sékou Amadou Bari prit le pouvoir, c’est lui qui écrasa les Bamanan. Musulmans pieux, il invita ses compatriotes à embrasser l’islam, il lança la guerre sainte, il envahit Jenné, traversa le Bani et fonda prés de Mopti sa nouvelle capitale Hamdalaye [20].
De cette capitale, il créa un Etat théocratique guerrier, la Dina. Il organisa le pays en provinces, à la tête de chacune, il plaça un gouverneur. Il créa un conseil de quarante chefs religieux et militaires placés sous son autorité. Il instaura les impôts et établit le service militaire. A Hamdalaye était stationnée une armée de prés de 10 000 hommes et dans les provinces, des garnisons militaires assuraient la sécurité. Dans la capitale Hamdalaye , en vue de l’expansion de l’islam, six cent écoles royales furent ouvertes et plusieurs mosquées dont la particularité était une architecture stricte, ascétique sans minarets ni ornements furent construites.
En 1825 ou 1827 [21] selon certaines sources, les guerriers de la Dina envahirent Tumbuctu qui devint une dépendance du royaume peulh. Amadou Sékou, fils de Sékou Amadou succéda à son père, il abdiqua en faveur de son fils Amadou Amadou.
Amadou Amadou lutta contre le conquérant toucouleur, il fut pris et mis à mort à Hamdalaye par les Fountaké en 1862. Les Macinanké vont organiser la résistance avec Balobo frère de Amadou Amadou mais on peut considérer qu’avec ce dernier, le royaume peulh du Masina avait disparu. Au Soudan occidental, trafiquants d’esclaves, chefs de bandes armées, faisaient désormais régner la terreur.
De nombreuses zones dont la partie occidentale du pays furent abandonnées face à la poussée des chercheurs et des marchands d’esclaves qui envoyaient leurs cargaisons humaines vers les côtes. Les tentatives de regroupement comme celles d’El Hadj Omar (entre 1791 et 1794-1864) de Samory (1830 1900), loin d’arrêter la traite, vont la continuer et même l’intensifier pour se procurer des armes et des produits manufacturés.
[19] C’est-à-dire chef des groupement peulh
[20] qui signifie gloire à Dieu, Louange à Dieu
[21] Hallande Monographie succincte du cercle de Mopti, exécution du télégramme N°3107 en date du 12/6/23, 1923, P3 Archives Nationales du Mali, Vitouhina G.O., Onoutchko V.G OP Cit P56