Revenir à l'accueilRevenir à l'accueil

Une histoire du Mali

Le Mali précolonial

YATTARA Elmouloud et DIALLO Boubacar Séga
(Faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines (F.L.A.S.H) - DER Histoire- Archéologie, université de Bamako,)


Page suivante >>

Pour cette période, nous examinerons l’histoire du peuplement du Mali à l’époque préhistorique, le temps des grands empires (Ghana, Mali, Songhoï) celui des royaumes (le Khasso, le royaume bambara de Ségou, du Kaarta et la Dina...) qui ont été à l’origine de la formation du Mali et le temps des explorateurs.

A-La période préhistorique

Depuis quelques années, la riche préhistoire du Mali commence à être connue. Mais ce sont les régions sahariennes et lacustres qui ont été assez bien étudiées.

Ainsi le Paléolithique a été mis en évidence dans la station de Lagreich à environ 90 km de Gao [1], mais aussi à Farabana non loin de Bamako [2]. Le matériel lithique de Lagreich a été daté de 282 000 à plus ou moins 56 000 BP.

L’Atérien, une technique d’Afrique du Nord a aussi été retrouvée à Hassi El Abid dans le Sahara malien. Le Néolithique a aussi été mis en évidence au Mali par Nicole Petit Maire et son équipe du C.N.R.S. Cette région, il y a 10.000 ans, était humide et habitée par des hommes qui ont laissé des outils lithiques et de la céramique. De nombreux ossements humains ont été mis au jour dans des sédiments lacustres. Ils étaient assez bien conservés. La plus ancienne de ces découvertes est l’homme d’Asselar.

Il s’agit d’un squelette de sexe masculin, presque complet, qui gisait dans des sables alluviaux de la vallée du Tilemsi, renfermant des restes de crocodiles et de mollusques d’eau douce [3]. Ces restes découverts par Théodore Monod et Besnard en 1927 furent considérés comme le plus vieux squelette de type « négroïde ». Des études récentes lui ont donné l’âge de 6 400 BP environ.

Un autre squelette a été trouvé à Ibaloghem, non loin de Ménaka. Et, à Kobadi dans le Méma, de nombreux restes ont été également mis au jour. Les caractéristiques de ces squelettes, très voisines de celles du Sahara malien, ont poussé certains préhistoriens à en déduire que, fuyant l’aridité post-néolithique du Sahara, des hommes avaient migré là sous des cieux plus cléments. Des restes humains datant du néolithique ont également été découverts à Kourounkourounkalé, non loin de Siby (région de Bamako).

Au total, la présence humaine est attestée un peu partout au cours de la préhistoire : à Bamako, les grottes du point G avec leurs peintures rupestres, les ateliers de Magnambougou, les cavernes décorées de Fanfanyé Gêné (Haut Sénégal) prouvent suffisamment la richesse de la préhistoire malienne.

Les découvertes récentes d’Ounjougou sur le plateau dogon risquent de bouleverser de nombreuses données [4]. Malheureusement le sud du pays (région de Sikasso) est mal connu sur le plan archéologique, mais la région de Bougouni s’est montrée très riche en vestiges anciens non datés.


1 2 3 4 5 6 7 8 9 >>


[1] Camara, Simon. Paléontologie humaine et préhistoire du Mali , Thèse pour l’obtention du grade de docteur de l’Université de Paris ; 1993, p.6.

[2] Tillet, Thierry, « Le gisement paléolithique de Farabana ».- Etudes Maliennes N°54, 2001 p.5. Le gisement paléolithique de Farabana est l’un des plus anciens connus en Afrique de l’ouest non saharienne.

[3] Leroi-Gourhan, André, Dictionnaire de la préhistoire.- P.U.F, 1997. p.79.

[4] A Ounjougou, sur le plateau dogon, la céramique découverte daterait de 8 500 à 9 500 avant J.C. ,d’après la technique O.S.L (Optically Stimulated Luminescence datation).


Rechercher sur le site

Penser et écrire l’histoire
Quelques outils
Réseaux et liens


Fiches pays

 Burkina Faso
 Togo
 Niger
Mali
 Sénégal
 Côte d’Ivoire


Actualités


Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
Voir les dernières pages ajoutées ou modifiées