

Cette agriculture est très peu rentable et ne peut guère assurer l’autosuffisance alimentaire de l’ensemble de la population. Le secteur agricole au Nord souffre également du manque de nouvelles techniques de production et de matériels sophistiqués. C’est une agriculture extensive qui, malgré l’intervention de quelques organisations non- gouvernementales (ONG), ne répond pas aux besoins de la population.
On y pratique aussi dans les plaines du Sahel des cultures pluviales pendant la saison hivernale. Tout au long du fleuve se trouve de petits villages de Sorko spécialisés dans la pêche aux poissons. La cueillette aussi bien que la chasse demeurent intensives et constituent l’essentiel des activités pour une part importante de la population au Nord-Mali.
L’élevage des bovins, ovins, caprins et des dromadaires reste le domaine préférentiel des pasteurs maures et touaregs du Sahara et Sahel. Il est pratiqué dans les régions arides et semi-arides les plus éloignées et donne souvent lieu à des longues transhumances des nomades à la recherche continuelle des sites associant à la fois les cours d’eau et les pâturages pour les troupeaux.
Le secteur d’élevage connaît de sérieux problèmes ces dernières années à cause de la propagation des maladies animales (peste, charbon etc...) et surtout des sécheresses qui ont presque complètement décimé le cheptel. Quant au commerce, il devient la principale préoccupation d’une part non négligeable de la population Nord-Mali et est pratiqué considérablement dans les villes comme Tombouctou, Gao, Kidal, Menaka, Ansongo, Diré... qui deviennent ainsi des grands pôles d’attraction où s’effectue couramment l’essentiel de la vie politique, administrative et commerciale.
Parallèlement à la pêche pratiquées par les Bozos, au commerce et l’artisanat, les tendances de l’agriculture locale sont largement tributaires des facteurs liées au manque de terre fertile, en équipement en intrants mais aussi aux dégâts liés aux sauterelles.
Les populations réputées être éleveurs sont essentiellement les Kel tamashèqs, les maures et les peulhs. [5]
L’artisanat en milieu nomade est traditionnellement l’occupation principale des forgerons qui travaillent les cuirs et le fer (couteaux et sabre). Parlant de la dégradation de l’économie du Nord-Mali, on peut retenir l’effondrement du commerce traditionnel qui a pour conséquence la destruction de stratégie à long terme des populations.
[5] Maïga Mohamed Tiessa-Forma. -Le Mali : De la sécheresse à la rébellion nomade. Chronique et analyse d’un double phénomène du contre développement en Afrique sahélienne. - Paris, 1997.-p.46