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L’empire Songhoy

DIALLO Boubacar Séga
(professeur d’histoire FLASH- Université de Bamako)


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C- Le pouvoir

Comme les souverains des deux premiers empires, les empereurs songhay avaient deux types de pouvoir : le pouvoir ésotérique et le pouvoir politique.

  • Le pouvoir spirituel

Sous Soni Ali, musulman karéjite, la religion traditionnelle, celle des rois magiciens l’emportait. Soni Ali était le Dali le très haut celui qui pouvait se transformer en oiseau, capable de comprendre ce qui se passe sur la terre et dans les cieux. Il était le vainqueur. Avec l’arrivée d’Askia le pouvoir changea complètement d’orientation.

Askia Mohamed et ses successeurs imposèrent l’islam. Askia Mohamed fit tout pour afficher son zèle religieux, grand pèlerinage à la Mecque dons et legs aux marabouts et aux ulémas. Sous son règne l’atmosphère à la cour était teintée d’orientalisme.

Les insignes de la royauté étaient alors un sceau, un coran, un turban [30] , une calotte verte, 12 étendards, le tambour [31] . Il faut dire que les pratiques traditionnelles n’avaient pas totalement disparues. Askia Mohamed n’avait-il pas parmi ces insignes le Dintouri ?, le tison morceau de bois à moitié consumé qui aurait servi à allumer le premier feu du songhoy, faisait de l’Askia le propriétaire de la terre.

Mieux, après avoir reçu les insignes de la royauté, les dignitaires devaient donner au souverain le titre de « Askia » et se mettre de la poussière sur la tête en sa présence. Pratique tout à fait traditionnelle. L’islam n’avait pas trop éloigné les princes songhoy de leurs pratiques ancestrales. Certaines traditions retiennent que Askia Mohamed était lui-même un kortè koï.

  • Le pouvoir politique

L’empereur dans ses fonctions était assisté par de nombreux ministre comme le « Kalisifama », ministre des finances, le « Balama » ou « Balamasa », ministre de l’armée, le « Koreïfarma », le chef des blancs (Maures, Touaregs) ; tous ces ministres étaient des San, sauf certains que le pouvoir a judicieusement utilisé, comme par exemple le « Hi koï », amiral en chef de la flottille, qui était un Sorko. Les grands centres, les grandes villes avaient une administration dirigée par un chef à Jenné il avait le jennè koï, à Tombuctu, le Tombuctu koï. Tous les dignitaires à la cour avaient leur place et portaient des insignes liés à leur profession, chacun d’eux devaient avoir un comportement précieux.

-  Le pouvoir judiciaire : Nous sommes très peu renseignés sur le pouvoir judiciaire au temps des Za et des Soni. Mais, c’est sous Askia Mohamed que la justice musulmane était appliquée. Il y avait d’éminents juristes. Mais cette justice n’avait- elle pas plusieurs vitesses ?. Une justice pour les San, les clans maraboutiques et les autres nobles. Une autre pour les esclaves et les pauvres.

-  L’impôt : Le songhoy avait mis au point un système fiscal original. Toutes les couches socio-professionnelles devaient payer l’impôt en nature le plus souvent. Les travailleurs des métaux devaient payer 100 flèches, 100 lances par famille et par an. Les pêcheurs au moment des basses eaux devaient payer 10 paquets de poissons par famille. Quant aux esclaves ruraux, les chroniqueurs notent que, sous Soni Ali, toutes leurs récoltes étaient confisquées. Soni en donnait une partie à ses soldats et gardait le reste pour lui. Les mauvaises années, Soni leur imposait une redevance spéciale, car pour lui ils étaient responsables de la situation [32] .

Cette assertion est difficilement acceptable, l’impôt sous Soni Ali devait être lourd, mais le Si ne devait pas tout enlever aux esclaves. Sous Askia Mohamed, selon les mêmes chroniqueurs, l’envoyé impérial ne prenait que 10 à 30 mesures de farine sans jamais dépasser ce chiffre.

En cas de mauvaises récoltes, il acceptait 9 mesures de farine. Dans tous les cas, les ruraux étaient astreints à l’impôt que la récolte soit bonne ou mauvaise. Nous sommes très peu renseignés sur les impôts perçus sur les produits d’importation et d’exportation mais ils devaient être très élevés.


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[30] Sous les ZA, ces insignes existaient déjà, Askia Mohamed ajouta les autres.

[31] Mamadou Sarr, l’empire Songhoy Etudes Maliennes Janvier 1973, op.cit, p.51

[32] Mahmoud Kati Tarikh El Fettach, 1964, Op.Cit, pp.108- 109.


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Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
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