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L’empire Songhoy

DIALLO Boubacar Séga
(professeur d’histoire FLASH- Université de Bamako)


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C- La pêche : une activité fructueuse

La pêche pratiquée dans le Niger, ses affluents et les lacs par des groupes spécialisés (Sorko, bozo, somono) rapportait beaucoup. Les techniques de pêche n’étaient pas tellement différentes de celles d’aujourd’hui, harpons, zogu pour l’hippopotame et le lamantin, naji harpon empoisonné utilisé pour la chasse à l’hippopotame, des filets, des nasses.

Mais aussi des plantes spéciales qui jetées dans l’eau asphyxient les poissons et le gondo petit piège musical pour attiré les poissons. Les pêcheurs payaient l’impôt.

D- L’exploitation minière

L’empire de Gao comme le Mali contrôlait les salines de Teghezza mais aussi les mines d’or du Sud [20]. Les mines de cuivre de Takkeda appartenaient également au songhoy.

E- L’artisanat et les classes serviles de l’artisanat

Comme dans les deux empires, l’artisanat était pratiqué au songhoy et y a connu un grand développement surtout dans les villes. Cet artisanat était aux mains de groupes non nobles et endogamiques qui appartenaient à l’Askia.

  • Les travaux des métaux Les métaux, le fer en tête était travaillé selon le Tarikh El Fettach par les Diam-téné, des Diam-ouali, des Samastsko [21] et les Hadankés (forgerons des Kel Tamashèq ).

Les membres de ces groupes appartenaient aux Askia. Ni les textes, ni la tradition orale ne parlent des bijoutiers, mais ils devaient être nombreux dans les villes.

  • Les tisserands et les tailleurs

Ils semblent avoir occupé une place très importante dans le songhoy, « l’industrie du vêtement » employait dans tous les cas beaucoup de monde. Le Tarikh El Fettach signale que dans la ville de Tombouctou, il y a 26 maisons de tailleurs ou tendè à la tête de chacune d’elles il y avaient deux moniteurs qui pouvaient employer 70 à 100 apprentis [22]. Le filage, le tissage, la teinture à l’indigo étaient des activités complémentaires pratiquées par de nombreuses femmes (filage, teinture à l’indigo) et hommes (tisserands).

Le vêtement a pris probablement de l’importance à cause de la diffusion de l’islam. Dans la suite de certaines personnalités de l’Etat comme le balama Sadiq (Ministre de l’armée) il y a avait des tailleurs qui confectionnaient pour lui des boubous et des caftans [23]. Tailleurs et tisserands devaient être de condition servile.

  • Les cordonniers

On les appelait dans l’empire les kouroukoï, c’est-à-dire les maîtres de la peau. Ils fabriquaient des chaussures, des ceintures, des selles, des équipements pour chevaux et chameaux. Ils confectionnaient des sacs en cuir ou sounou si utiles pour le transport des céréales mais également des fourreaux pour sabres, couteaux sans oublier les étuis à coran.

  • Les maçons

Ils étaient nombreux et originaires selon les chroniques de Tombouctou du Kala, ils furent les artisans des belles mosquées demeures qui font la fierté aujourd’hui encore des villes comme Tombuctou, Jenné et même Mopti.


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[20] Le songhoy a certainement contrôlé en partie quelques mines d’or du pays moosé et peut être du Ghana actuel.

[21] Il s’agit probablement des Samassékou qui sont parmi les premiers habitants de Mopti et sont forgerons.

[22] Mahmoud Kati , Tarikh El Fettach, 1964, Op. Cit, p.239.

[23] Diallo Boubacar Séga : Economie et société dans l’empire songhoy selon le Tarikh El Fettach, Mémoire de fin d’études, 1972, Op. Cit, p.9


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Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
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