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L’empire Songhoy

DIALLO Boubacar Séga
(professeur d’histoire FLASH- Université de Bamako)


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L’empire songhoy, la dernière grande formation étatique du Soudan occidental, va connaître sous le règne de certains de ses souverains Soni Ali (1464-1492 ) et surtout Askia Mohamed (1493-1528) un rayonnement économique, culturel, social sans précédent.

Héritier des deux premiers empires, il a su profiter au maximum des acquis de ces Etats sur le plan de l’organisation politique, économique et sociale.

Sa destruction en 1591 à la bataille de Tondibi sous le coup des Marocains ouvre au Soudan occidental une grande période d’instabilité politique, dont-il se relèvera difficilement.

I - Les origines de l’empire songhoy

Les origines même des songhay posent problème. Les songhay qui parlent le « sonay cini [1] reconnaissent qu’ils se subdivisent en trois groupes ayant chacun une activité précise. Ce sont d’abord les Sorko pêcheurs, habitants du fleuve (Issa Beri) qu’ils connaissent et qu’ils maîtrisent, les Gabibi, agriculteurs et maîtres de la terre, les Gaw chasseurs, hommes de la brousse et détenteurs de plusieurs savoirs.

Il n’est pas exagéré de penser que les ancêtres de tous ces groupes habitaient au néolithique des régions plus septentrionales où ils pratiquaient déjà la cueillette, l’agriculture, la pêche, l’élevage et la chasse. Le Sahara malien, porte les traces de cette époque [2]. A la faveur du dessèchement post-néolithique, les populations vont se replier vers le sud, vers les vallées du Niger où elles vont se mêler aux Soninko, aux Mandenka à des populations d’origine voltaïque mais aussi berbère, juive et former le groupe multiethnique songhay [3]. Songhay, Soninko, Mandenka entretiennent des liens de parenté qui remontent certainement à ces longues périodes [4].

Ce sont les songhoy venus du Dendi (au fil de l’eau) région bien arrosée qui vont fondeer Koukya. Là maîtres de l’eau, de la brousse mais aussi tisserands, forgerons, commerçants vont constituer une communauté avec une organisation politique. Al Idrisi parle de Kugha sans doute Koukya et il note qu’elle était une ville de commerce, de fabrication et d’artisanat [5].


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[1] Moulaye TRAORE, les Songhay Us et Coutumes à paraître

[2] Nicole Petit-Maire Sahara - Sahel ?

[3] Certaines populations qui se sont fondues dans ce creuset viennent probablement de plus loin des confins du lac Tchad dont le niveau on le sait a connu des variations après le dessèchement du Sahara.

Ainsi, s’expliquerait la parenté qu’il y a entre le « Sonay cini » et le Kanuri. Z. Dramani Issoufou in les Songhay dimension historique, catalogue des vallées du Niger, 1993, p.151. Il n’y a pas longtemps, des populations du Darfour, au Soudan, retenaient que leur islam leur vient de Tumbuctu et qu’ils n’avaient rien n’avoir avec l’islam que les Arabes du Soudan veulent leur imposer, in le Monde Diplomatique, Mai 2004.

[4] Songhay et Mandéka entretiennent des liens de parenté à plaisanteries Maïga et Keyta. Quant aux Soninko ; ils font venir leur ancêtre du pays songhoy. Les Jèseré parlent probablement le Soninké

[5] J. M. Cuoq, Histoire de l’islamisation de l’Afrique de l’Ouest des origines à la fin du 16ème siècle, 1984, Op.cit., p.138


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Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
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