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Période coloniale

Le patrimoine architectural d’Aneho, une conséquence de l’ébauche d’une accumulation primitive du capital

GOEH-AKUE N’buéké Adovi
(U.B. Lomé, Département d’Histoire)


In : Gayibor N.L., (ss. dir. de), 2001 : Le Tricentenaire d’Aneho et du pays guin, Actes du colloque international sur le Tricentenaire du pays guin (Aneho 18-20 septembre 2000), Collection « Patrimoines » n°11, Vol. 2, Lomé, Presses de l’UB, pp. 559-585.

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Latévi Awokou, père de Zankli Akouété, le fondateur de la dynastie des Lawson, est un modèle type de tomehuenyi au XVIIIe siècle. Au cours de ce siècle, le modèle parfait était en émergence, le poids de la politique de Glidji était encore présent, et les biens matériels ne suffisaient pas. Il fallait en plus s’illustrer comme un stratège militaire en s’engageant dans les guerres d’hégémonie que livrait le pouvoir politique de Glidji.

Dans toutes les grandes familles, il y a eu des braves gens volontaires pour la guerre dont la récompense était la reconnaissance de titres de noblesse chantés par les griots chansonniers le plus souvent d’origine fon et parfois anlo.

A partir du XIXe siècle, une mutation profonde est opérée avec la fin des guerres hégémoniques. Les conflits locaux de préséance, qui ont opposé les clans adjigo et les Akagban (Lawson), n’avaient plus le même sens. Désormais, ils consistaient plutôt en de réelles compétitions dans le cadre d’une volonté d’accumulation de capital par la recherche de la main mise sur les affaires de la cité.

En marge de cet antagonisme, on assiste à une dynamisation de la vie économique. Les entrepreneurs de cette époque pour la plupart sont devenus les commerçants du Mono. C’est dans cette foulée que Athiémé, Agomé Glozou, et Tokpli ont pris une ampleur sans précédent, comme des centres relais du commerce du Mono. Vers le pays aja et au-delà sont convoyés sel, alcool (gin) et tabac, et vers Aneho sont ramenés : huile de palme, palmistes, esclaves domestiques et produits vivriers. Parallèlement, une politique systématique de colonisation est mise en place.

Elle s’est traduite par des acquisitions de vastes domaines et de grands défrichements de la basse vallée du Mono, largement occupée par des plantations de palmiers et plus tard de cocotiers. La main d’œuvre était pratiquement servile. Les gains, dans beaucoup de cas, ont servi à entretenir les domaines mais une bonne partie est absorbée dans l’immobilier à Aneho, le symbole par excellence de la réussite sociale qui donne accès à la catégorie des hommes influents du Genyi. C’est ainsi que s’agrandit tout au long du XIXe siècle la couche sociale des Tomehuenyi à Aneho. La majorité d’entre eux sont propriétaires de vastes domaines fonciers extra muros, soit entre Gbodjomé et Aneho, soit le long du Mono ou aux abords du rivage nord de la lagune vers Agbanakin.

A Athiémé la réplique du patrimoine immobilier appartenant aux Toméhuenyi fait de cette localité pratiquement une jumelle d’Aneho [21].

Photo : Vue partielle de la rue principale d’Athiémé ; Ruines des maisons à étages des Guin.


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[21] Encore aujourd’hui, lors de nos enquêtes en juin 2000, il nous a été signalé l’existence encore sur les plantations de Guin des exploitants qui continuent de payer des redevances en nature aux descendants de leurs anciens maîtres.


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Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
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