

Cette histoire « déstructurée » du peuplement aura, on s’en doute, des conséquences sur une description unitaire de l’organisation sociale des Bassè, bien que le système social soit le même pour l’ensemble du groupe, étant donné leur origine culturelle commune.
A l’instar des autres communautés adangbé, les Bassè sont organisées en unité lignagères et patriacales avec une forte tendance à la gérontocratie [13] . Toutefois l’organisation lignagère est coiffée par un ordre clanique, qui définit en quelque sorte le cadre idéologique dans lequel les individus et les groupes de descendance se conçoivent en tant que membres d’un système social intégratif. C’est cet ordre social qui, en premier lieu, inscrit l’identité individuelle et lignagère comme réalité patente et déterminante dans l’environnement global de la vie communautaire. Comme éléments majeurs de cet ordre clanique, il y a un certain nombre d’institutions auxquelles obéit l’individu et qui fondent l’identité du groupe. Ce sont, par exemple, l’initiation lignage. Il faut reconnaître qu’ici comme à Adangbé, le groupe passe avant l’individu, si bien que chacun se « nomme » par référence à une maison lignagère fondamentale d’origine. Avant de se concevoir comme Bassè, l’individu est membre de sa famille, voire de son lignage ; ce qui lui vaut de porter un patronyme particulier, d’accomplir des rites spécifiques.
CROQUIS N° 3 BASSE-NYAMESSI CROQUIS N°4 : OKAFU[13] Pour plus de précision sur le système social originel des Adangbé, voir Anani Ahianyo-Akakpo 1970 : 74 ss.