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Le Togo

Stratégies lignagères et occupation de l’espace

GAYIBOR Nicoué Lodjou & KOSSI-TITRIKOU Komi
(Université du Bénin (Lomé))


In :Revue Française d’Histoire d’Outre-mer , Tome 86, 1999, n°324-325, pp.203-228.

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La tradition recueillie tant à Bassè-Adjido qu’à Djigbé présente ce village comme antérieur au premier. Il aurait été fondé par un nommé Agba Koffi, descendu de l’ancien village de Bassè-fé à cause de la pénurie de terre cultivable ou de l’épuisement de celle-ci [9] . Après y avoir installé une plantation de palmiers à huile [10] , il retourna dans son village natal. Il confia la gestion de sa nouvelle plantation à l’un de ses frères, Afédo. Celui-ci vint s’installer dans la ferme qui deviendra plus tard Adakpè ou Djigbé. Ce second nom, aujourd’hui plus usité que le premier, signifie littéralement « sur une élévation » et lui fut attribué à cause de sa position géographique par rapport à Adjido, situé dans le bas-fond du ruisseau Kpatévi ; ce qui, il en sera question plus tard, lui pose un véritable problème de survie. D’après la tradition, Agba Koffi ne revint plus jamais à Adakpè. C’est autour de son frère que se feront le développement et le peuplement du site. Afédo y vivra jusqu’à sa mort.

Bassè-Nyamessi

Nyamessi regroupe la troisième communauté bassè de la plaine. Il est situé à environ 1,5 km de Adjido.

Il a été fondé il y a environ quatre générations, soit au début du siècle, par un certain Klutsé, suivi trois ans plus tard par son frère Kpétsu. Ils sont originaires de Djigbé. Les causes de leur départ sont liés à un conflit ayant opposé les deux clans Adakpè et Afini de Djigbé ; le conflit a dû être violent car c’est pour éviter qu’il ne dégénère ou ne s’éternise que le vieux Klutsé, doyen du clan Afini, décida de se retirer sur la rive opposée du Kpatevi. Il en résultat un nouveau village au nom évocateur, puisque Nyamessi signifie littéralement « Je me mets à l’abri des problèmes ». Klutsé s’installa sur le nouveau site avec tous ses enfants, à savoir : Asiléaménou, Aményinou, Ahadji, Kossi, Assogba, Djitamé et Améwoha pour ce qui concerne les garçons, Hihessi, Gbéménou, Matsiwokpo et Hounzoukè pour les filles. (croquis n°3, p. 215).

Quand Kpetsu suivit son frère, trois ans plus tard, il était lui aussi accompagné de ses enfants. On en dénombre une dizaine [11] . Le père des deux hommes était venu de Bassè-fé s’établir à Djigbé.

Okafu

Okafu est un « village de regroupement » créé par l’administration coloniale en 1958. Le premier nom qu’on lui attribua fut Logbodja, littéralement « Regroupement de tous les Logbo » car le projet initial prévoyait de rassembler dans ce village unique les Logbo-Igbowou, Logbo-Itadi et Logbo-Wakpa. Ce projet avorta en 1963 lorsque survint le coup d’Etat qui, au Togo, mit fin à la première expérience constitutionnelle succédant à la domination coloniale. Seules quatre villages ont pu se déplacer sur ce site. Il s’agit de Onyawlu, Agadja, Olowi et de Bassè-fé [12] . Le toponyme Okafu proviendrait des Bassè, et ce en raison de l’existence sur le site du village d’une source très rafraîchissante, dont l’eau « ne peut qu’être glorifiée », expression qui se rend en éwé par « woa kafu ». La déformation linguistique de cette phrase aurait donné le toponyme actuel Okafu.

La création de Okafu sonna le glas de Bassè-fé. Les populations s’étant déplacées dans le nouveau village, le premier tomba en ruines et disparu des cartes. Apparemment plus rien ne subsistent aujourd’hui du foyer originel des Bassè en terre akposso (Croquis n°4, p. )


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[9] Cette explication peut être en soi plausible, si on part du fait qu’en montagne les terres exploitables sont quantitativement limitées et que la pression démographique peut accentuer la pénurie. Cependant, il est important de ne pas s’arrêter à ces raisons premières, qui peuvent cacher des motifs beaucoup plus subtiles.

[10] Cette explication peut être en soi plausible, si on part du fait qu’en montagne les terres exploitables sont quantitativement limitées et que la pression démographique peut accentuer la pénurie. Cependant, il est important de ne pas s’arrêter à ces raisons premières, qui peuvent cacher des motifs beaucoup plus subtiles.

[11] Leurs noms sont Alowo, Amégan, Mensah, Kounounya our les garçons et Zoumassé, Loubiné, Déwogbé, Kafédzé et Afiwa pour les filles.

[12] Les trois premiers sont des villages logbo, donc Akposso. Seul le dernier, Bssè-fé, nous intéresse particulièrement ici.


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