

Le rôle de gestionnaires de la terre (Sakpata = la terre, et hebiesso qui la fertilise) fait également de ces deux divinités des garants d’un ordre public en rapport avec la terre, dans lequel celle-ci doit être ménagée et préservée par tous les moyens par les hommes. Deux interdits principaux sont imposés aux Bassè : d’une part, commettre un meurtre, et donc souiller le sol du sang d’un autre ressortissant bassè ; et d’autre par, avoir des rapport sexuels sur le sol nu et dans les champs. Ces torts, graves sur l’échelle des valeurs de la culture bassè, doivent être réparés par des cérémonies de purification rituelles ; sinon les conséquences seront désastreuses :
Soit pour les individus coupables (dans ce cas, eux seuls) qui seront châtiés par les divinités Sakpata (la variole) ou Gou (dieu du fer et de la guerre, responsable des morts violentes par accident).
Soit pour la communauté entière : la sécheresse sévira, les cultures ne réussiront pas, ou la population tombera malade.
Si toutes ces mesures drastiques sont prises pour réglementer les rapports des hommes avec leur environnement, c’est que la terre a une grande valeur symbolique dans l’univers conceptuel des Bassè. A ce niveau on constate que tous les éléments qui concourent au maintien de la vie sont valorisés d’une manière spécifique. Ainsi la terre est considérée par les Bassè comme une mère qui, non seulement les porte, mais aussi les nourrit :
« La terre est une richesse et en même temps la vie. C’est elle qui nous porte et nous nourrit ; elle est notre mère ».
C’est une mère qui vit, qui ne peut pas se nourrir du sang de ses enfants et qui a des désirs. Pour cette raison, on lui sacrifie tous les trois ans un bélier, afin qu’elle continue à être bienveillante envers les hommes.