

Parmi les facteurs qui ont durablement marqué le paysage socio-culturel de la ville de Lomé depuis son choix comme capitale du Togo, on ne peut omettre de mentionner les Eglises chrétiennes. Elles ont en effet constitué un des paramètres importants de son développement et de sa croissance.
Les missions, puis les Eglises chrétiennes ont, par leur présence et leur action, contribué efficacement à l’évolution socio-culturelle de Lomé. Globalement, deux domaines d’activité peuvent être recensés. Des écoles missionnaires, est sortie une partie notable de ce groupe d’évolués, puis de cette élite, qui ont joué un rôle certain dans la vie culturelle, politique et économique de la ville de Lomé.
Les Eglises chrétiennes ont eu, par ailleurs, une part décisive dans le modelage du paysage urbain de Lomé. Des infrastructures leur étaient nécessaires pour déployer leurs activités : maisons d’habitation des missionnaires, lieux de culte pour les communautés, installations scolaires pour les élèves : d’où une vigoureuse politique immobilière, dont les résultats constituent une partie intégrante du patrimoine architectural de la ville.
La présence et l’action des missions chrétiennes seront examinées ici sur une période de 70 ans : de l’arrivée des premiers missionnaires catholiques allemands (août 1892) à la nomination du premier archevêque togolais de Lomé (mars 1962).
Nous verrons se dessiner une évolution en deux étapes : dans le domaine de l’éducation scolaire, les missions chrétiennes seront, dans un premier temps, pratiquement les seuls prestataires de service. Par la suite, une certaine uniformisation se vérifiera ; demeure cependant une spécificité à porter au crédit des institutions missionnaires pour ce qui est de l’oeuvre culturelle en langues locales, facteur certain d’ouverture et d’épanouissement intellectuel pour ceux qui en ont été les bénéficiaires.