

La seule unité administrative à être dotée de la personnalité juridique à l’époque coloniale était la commune. Ainsi, à la veille de l’Indépendance, le Togo comptait six communes de plein exercice [5] : Lomé, Aného, Tsévié,Kpalimé, Atakpamé et Sokodé.
A partir de 1960, plusieurs textes ont été pris pour réorganiser l’administration territoriale au Togo. Certains de ces textes nous intéressent particulièrement ; il s’agit de la loi n° 60-4 du 10 février 1960 portant réorganisation administrative et celles, plus récentes et plus importantes, des lois organiques n°81-8 et n°81-9 du 23 juin 1981 portant respectivement organisation territoriale et réorganisation administrative, ainsi que du décret n° 81-129 du 6 juillet 1981 fixant les modalités d’application de la loi organique portant organisation territoriale. Nous analyserons d’abord comment la commune de Lomé s’est organisée dan le temps à partir de ces différents textes et nous parlerons ensuite des perspectives.
A- Analyse de l’organisation administrative de Lomé
Nous distinguerons deux périodes essentielles :
La période allant de 1960 à 1981
La période allant de 1981 à nos jours
1- De 1960 à 1981
Comme nous l’avons précisé plus haut, Lomé était devenu une commune de plein exercice. A partir de ce moment, son administration devait être assurée par des maires ou leur adjoint. Ainsi de 1959 à 1963, Lomé a connu deux maires : André Akakpo et Robert Fiadjoe [6]. A partir du coup d’Etat de janvier 1963, le Togo a connu une période d’exception, jusqu’en 1965. Toutes les instances élues étaient dissoutes et l’administration des communes assurée par des ‘’délégations spéciales’’ [7].
A partir de 1965 les choses ont repris normalement et la commune de Lomé a été administrée par un maire élu, le Dr E. K. Nathaniels, jusqu’au coup d’Etat de 1967.
De 1967 à 1987, les communes ont été à nouveau dirigées par des délégations spéciales.
Dans le cas de Lomé, cinq personnes avaient été proposées, dont une femme en la personne de Mme Marie Madoe Sivomey, qui sera élue maire par ses pairs. Cette délégation spéciale a duré sept ans (du 24 juillet 1967 au 17 mai 1974). ‘’Cette période correspondait au moment où l’on parlait de renouveau... De nombreux immeubles commençaient à sortir de terre ; beaucoup de rues étaient bitumées... C’était la grande métamorphose de Lomé’’ (Marguérat et Péléï, 1922). C’est également à cette époque qu’avaient eu lieu l’ouverture du nouveau grand-marché de Lomé à Adawlato et le maire devait organiser son administration. C’était une tâche très difficile, qui nécessitait beaucoup de patience et de tact. Il fallait composer avec les femmes du marché, gagner leur confiance et non chercher à régler les problèmes par une simple signature d’arrêtés municipaux. La réussite de cette organisation a servi d’exemple aux autres communes, qui ont aussi bénéficié plus tard de nouveaux marchés ; il en est de même de convois funèbres, qui se faisaient à pied de la maison mortuaire à l’église, puis de l’église au cimetière. Cela gênait énormément la circulation. Il fallait trouver un remède, et un arrêté municipal a été pris pour interdire les cortège à pied.
Des mesures similaires ont été prises en matière de veillées funèbres, de bruits dans les bars, d’instruments sonores, etc., pour protéger le repos des paisibles citoyens. Toutes ces mesures ont été prises par les autres communes du Togo.
[5] ‘’Commune de plein exercice’’ : commune dans laquelle et le maire et le conseil municipal sont élus au suffrage universel.
[6] Par délégation du maire élu en 1959, S. Olympio
[7] ‘’Délégation spéciale’’ : à la suite d’un changement de régime, on met en place un conseil, le temps de préparer des élections.