

Sans doute, serait-ce une méprise de dire que, durant l’ère coloniale, Lomé vivait purement et simplement au rythme de la ‘‘Gold Coast’s ways of life’’. Mais c’est tout de même une évidence que l’intense circulation des biens et des hommes entre les deux zones, et l’attrait qu’exerçait la Gold Coast sur les Togolais influençaient nécessairement le mode de vie des Loméens ; la monde pour l’habillement ou la coiffure, les genres musicaux, bref toutes les nouveautés dans la colonie britannique faisaient une intrusion tonitruante dans la capitale togolaise.
Ainsi, c’est à l’influence de la zone britannique qu’on doit le développement du genre ‘’cantata’’ à Lomé [2], puis, après l’Indépendance, celui du ‘‘concert-party’’.
Du reste, les nouvelles relatives à la vie quotidienne ou afférentes aux événements majeurs en Gold Coast parvenaient à Lomé à une vitesse déroutante, soit par le ‘‘bouche à l’oreille’’, si efficace en Afrique subsaharienne, soit par voie de la presse de la zone britannique ou d’expression anglaise, particulièrement prisée dans les milieux dits évolués de Lomé. Ici, les titres tels The Gold Coast Leader, West Africa, Daily Graphic, Evenin News, etc., étaient bien connus à Lomé. Mais c’est au niveau politique que les relations de proximité qu’entretient Lomé avec la colonie britannique voisine auront eu le plus d’impact.
[2] La cantata est un théâtre populaire d’inspiration chrétienne aux recettes simples et dont la structure démonstrative est similaire à celle des contes traditionnels moralisateurs. Le Concert-party est théâtre populaire en musique, partiellement improvisé, qui eut ses heures gloires dans les années 1960-175.