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Période coloniale

Lomé, une capitale frontière

ADUAYOM Messan Adimado
(Département d’histoire Université du Bénin- Lomé, Togo)


In : Gayibor N., Marguerat Y. & Nyassogbo K. (ss. dir. de), 1998 : Le centenaire de Lomé, capitale du Togo (1897-1997), Actes du colloque de Lomé (3-6 mars 1997), Collection « Patrimoines » n°7, Lomé, Presses de l’UB, pp. 289-302.

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C’est que Lomé était devenu ‘’un paradis fiscal’’ (Nyassogbo 1994). Cette franchise douanière a prévalu au cours des premières années de la colonisation allemande, à tel point que Richard Küas, le tout premier fonctionnaire allemand de Lomé, a pu écrire : ‘’Au commencement il y avait la contrebande. C’est le titre qu’on devrait donner à l’histoire du développement de Lomé’’ (Sebald 1988). Ce point de vue est corroboré par d’autres sources : ‘’Tandis que, dans la colonie britannique de la Gold Coast, les droits d’entrée pour certains articles atteignaient 100 et 200 pour cent de leur valeur, l’entré était ici libre, et de nombreux commerçants choisissaient en conséquence ces côtes pour expédier leurs marchandises dans l’intérieur du continent.

Le gouvernement colonial perdait ainsi une des sources de ses revenus’’ (Darcy 1900 : 279 ; Zöller : 18). En 1874, l’occupation de Keta par les Anglais eut lieu pour des raisons douanières. En 1875, ce sont les mêmes considérations qui ont amené le gouverneur Strahan à estimer que des négociations doivent être entreprises avec les chefs locaux de telle sorte que ‘’le gouvernement puisse avoir le contrôle douanier depuis Adafienou jusqu’à Cotonou, soit sur une distance quatre-vingt miles’’ (Amenumey 1964 : 89). C’est toujours en raison de la contrebande à l’est de la colonie de Sa Majesté que, le 22 juin 1884, le District commissioner de Keta, à la tête d’une quarantaine de soldats, vient à Lomé pour essayer d’y faire cesser le trafic.

Moins de quinze jours après cette équipée d’intimidation, c’est-à-dire le 5 juillet 1884, Nachtigal, l’envoyé de Bismark, fraîchement converti à la politique coloniale, signa avec P0lakou, porte-canne de Mlapa, ‘‘roi’’ de Togo, l’accord de protectorat qui servira de base pour former le territoire qui deviendra le Togo allemand (Marguerat 1933).

Née des activités commerciales, Lomé allait grandir à l’ombre de ces mêmes activités, entretenant des relations d’intime association avec l’une des plus prospères colonies anglaises de l’Afrique tropicale. Cette situation aura de multiples implications d’autant que, dès l’origine, Lomé s’était avérée une ville cosmopolite dont la plupart des fondateurs étaient originaires des localités situées de l’autre côté de la frontière.


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Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
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