Revenir à l'accueilRevenir à l'accueil

Période coloniale

Les administrateurs allemands de la ville de Lomé

AMEGAN Francis Kwassivi
(Département d’Allemand)


In : Gayibor N., Marguerat Y. & Nyassogbo K. (ss. dir. de), 1998 : Le centenaire de Lomé, capitale du Togo (1897-1997), Actes du colloque de Lomé (3-6 mars 1997), Collection « Patrimoines » n°7, Lomé, Presses de l’UB, pp.95-109.

Page suivante >>

La mise en place de l’administration allemande à Lomé ne s’est pas faite du jour au lendemain, mais a suivi un long processus qui s’est étendu sur près de trois décennies et qui comporte plusieurs phases, marquées par les réformes de 1889, 1898, 1905 et 1911, qui marquent une évolution vers un contrôle administratif de plus en plus serré de la ville, en fonction de son importance croissante.

I- LE TEMPS DES COMMERÇANTS (1884-89)

La phase initiale ne connaissait pas la même activité que les phases suivantes pour une raison bien simple. La colonie allemande du Togo se réduisait tout d’abord à une bande côtière d’environ 30 km, de la frontière d’Aflao aux abords de Porto-Sguro.

Le 6 juillet 1884, le consul général envoyé par l’Allemagne, le Dr Gustav Nachtigal, avant de repartir vers le Cameroun, nomma le représentant de la firme Wölber & Brohm, Heinrich Randad, consul provisoire pour le Togo, avec résidence à Lomé.

A son arrivée dans le territoire, en juin 1885, le premier fonctionnaire impérial allemand, Ernst Falkenthal, fixa tout d’abord son siège à Baguida, puis en 1886 à Aného, lorsque cette localité fut cédée à la colonie togolaise, à la suite du traité franco-allemand du 24 décembre 1885. Falkenthal divisa le littoral du Togo, qui avait à présent 50 km de longueur, en deux circonscriptions [1]. Celle de l’ouest comprenait Lomé et Baguida. Comme aucun fonctionnaire allemand n’était disponible pour être en poste à Lomé, il nomma un des agents commerciaux qui travaillaient là-bas pour les firmes allemandes au poste d’‘‘Amtmann’’ (‘’Administrateur’’). Ce dernier exerçait cette fonction à titre bénévole, en plus de ses activités commerciales proprement dites.

Ernst Kentzler, lui aussi employé de la firme Wölber & Brohm, devint le premier ‘’Amtmann’’. Il demeura en fonction jusqu’en mars 1888. Par la suite, Kentzler s’installa comme commerçant à son propre compte à Aneho, et y demeura jusqu’à sa mort, en 1900.

Falkenthal nomma alors Heinrich Armerding (toujours de Wölber & Brohm) pour le remplacer. Ce dernier resta en fonction pendant un an, de mars 1888 au 6 mai 1889. Si Amerding n’avait pas réussi à fonder sa propre firme au Togo, il comptait néanmoins parmi les Allemands les plus connus du territoire. Il fut le seul Allemand qui aura vécu toute l’époque coloniale allemande au Togo, de 1884 à 1914. En fin de compte, il devint le représentant à Lomé de la puissante compagnie maritime Woermann-Schiffahrtslinie. On sait que ses descendants africains (comme ceux de Kentzler) vivent encore à l’heure actuelle au Togo.

Toute cette période fut pacifique. En effet, le rapport de force n’était pas en faveur des Allemands. L’Amtmann exerçait sa charge à titre honorifique, il ne disposait ni de policiers armés, ni de soldat, pour pouvoir, le cas échéant, imposer une décision par la force. L’Amtmann devait donc rechercher un règlement pacifique à tous les litiges. Par ailleurs, cette charge exercée par un commerçant ne pouvait être que de courte durée, car ce dernier pouvait être tenté d’utiliser ses fonctions officielles dans son propre intérêt. Pendant ces cinq ans (de 1884 à 1889), le développement urbain de Lomé à pu se poursuivre sans entrave et sans intervention directe de l’Administration.


1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 >>


[1] A l’origine des actuelles préfectures du Golfe et des Lacs.


Rechercher sur le site

Penser et écrire l’histoire
Quelques outils
Réseaux et liens


Fiches pays

 Burkina Faso
Togo
 Niger
 Mali
 Sénégal
 Côte d’Ivoire


Actualités


Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
Voir les dernières pages ajoutées ou modifiées