

Comme suite au rapport de la première Mission de Visite de l’ONU au Togo franco-britannique, du 30 novembre au 16 décembre 1949, et au nouveau mémorandum de la France et du Royaume-Uni le 19 juin 1950, la Commission consultative permanente franco-britannique est élargie pour les Affaires Togolaises. Mais contestant la procédure (jugée non démocratique) pour l’élection des membres de cet organe en octobre 1950, le CUT, la Togoland Union et la All Ewe Conference ont refusé de désigner des représentants pour ses travaux à Lomé, les 7 et 8 novembre 1950, puis à Ho du 15 au 17 mai 1951.
Ce sont donc pratiquement les défenseurs des intérêts de la France et du Royaume-Uni qui se sont retrouvés, d’où :
l’idée de la réunification des Ewé du Togo allemand et de la Gold Coast est évidemment écartée ;
les points de vue divergent à propos de la reconstitution du Togo allemand sous une seule et même administration :
v les amis de la France défendent l’intégrité territoriale du ‘‘Togo français’’, jusqu’à sa maturité politique en vue de l’autonomie au sein de l’Union française ;
v les délégués du Sud et du Centre du Togo britannique sont plutôt favorables à la réunification du Togo allemand sous administration britannique ;
v leurs collègues du Nord optent pour leur rattachement à la Gold Coast, où se trouvent d’autres éléments de leur groupe ethnique ;
l’unanimité est par ailleurs réalisée pour des recommandations relatives aux questions économiques et socio-culturelles en vue de l’harmonisation du développement des deux côtés.
Toujours réticents à toute évolution de la situation en leur défaveur, la France et le Royaume-Uni s’emploient à ne donner aucune suite favorable à ces dernières recommandations de nature à rapprocher les deux territoires.
Ils préconisent séparément des réformes destinées à compliquer davantage le problème afin de le rendre insoluble, car leur volonté de clore ce dossier à tout prix est manifeste, comme le souligne si bien Me Anani Ignacio Santos :
‘‘l’unique raison de la proposition du Royaume-Uni de rattacher le Togo sous administration britannique à la Côte-de-l’Or(...) réside dans la volonté de ce pays de ne pas laisser échapper au Commonwealth le cacao de ce Territoire, qui représente un dixième de la production de la Côte-de-l’Or. Le rattachement à la Côte-de-l’Or laisserait à la France les mains libres sur le Togo placé sous son administration et ferait échec à l’unification du pays’’ [24].
[24] ONU-AG - 9ème session - 4ème Commission, 453ème séance du 2/12/1954 à New York ; Documents officiels ; p. 375, n° 25.