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Période coloniale

L’échec de la politique française d’intégration au Togo sous tutelle

GBEDEMAH Seti Y. Gableame
(In : Gayibor N. L. (ss. dir. de), 1994 : Les Togolais face à la colonisation, Collection « Patrimoines » n°3, Lomé, Presses de l’UB, pp. 111-147.)


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Les résultats de cette première mise à l’épreuve des formations politiques se révèlent incontestablement favorables aux militants et sympathisants du Comité de l’Unité Togolaise, qui s’emploie dès lors à consolider cette position acquise de parti dominant et à développer évidemment ses activités ; ce qui n’est pas du goût des autorités françaises. Aussi, les relations de collaboration entre celles-ci et l’Assemblée représentative deviennent-elles de plus en plus tendues, voire conflictuelles. Les réformes relatives à l’administration territoirale préconisées par le gouverneur Jean Noutary ont pratiquement échoué : il s’agit, en l’occurrence, de la réorganisation du commandement indigène ou autochtone -chefferie traditionnelle- et de l’installation des Conseils de circonscription à la place des Conseils de notables. En effet, les solutions de ces problèmes, à la fois délicats et importants, relèvent de la compétence de l’Assemblée représentative, dont le premier bureau est ainsi composé :

président Sylvanus E.K. Olympio 1er vice-président Raymond Viale 2ème vice-président Antoine Ata Quam-Dessou 3ème vice-président Zakari Looky secrétaire Barthélémy Tavera 1er secrétaire-adjoint Gérard Grunitzky [23] 2ème secrétaire-adjoint Seyidu Tiem 3ème secrétaire-adjoint Marcel Agba

Durant les cinq ans de mandat de cet organe administratif, sa collaboration avec l’administration n’a guère été facile. Par ailleurs, les Commissaires de la République Française se sont succédés à un rythme accéléré.

Jean Noutary cède ainsi la place à Jean Cédile, nommé le 29 janvier 1948. Celui-ci réussit finalement à signer, le 2 décembre 1949, l’arrêté portant réorganisation de la chefferie coutumière avant de quitter le Togo, où lui succède Yves Digo, nommé le 21 avril 1950. Ce dernier signe, le 16 juillet 1951, l’arrêté organisant les Conseils de Circonscription en remplacement des Conseils de notables indigènes, toujours avec voix consultative.

Pour ce qui concerne l’épineux problème des frontières entre la Gold Coast et le Togo sous administration franco-britannique, un mémorandum est adressé le 17 novembre 1947 par la France et le Royaume-Uni au Conseil de Tutelle de l’ONU. Considérant que les puissances tutrices cherchent à minimiser la question, la All Ewe Conference réagit immédiatement : Sylvanus Olympio devient son délégué pétitionnaire à l’ONU où il accomplit, dès décembre 1947, sa première mission de sensibilisation de l’opinion publique internationale sur le sort du peuple éwé écartelé par les intérêts égoïstes des colonialistes.

Il est alors décidé de la mise en place d’une Commission consultative permanente franco-britannique, afin d’aplanir les difficultés résultant du tracé de ces frontières. Mais les activités de ladite commission sont bloquées par la position britannique : les deux délégués du ‘‘Togo Britannique’’ ne sont que des Ewé, tandis que ceux du ‘‘Togo Français’’, désignés par l’Assemblée représentative en son sein, représentent l’ensemble du territoire (sud : Sylvanus Olympio, nord : Dzato Faré).


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[23] Frère aîné de Nicolas Grunitzky.


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Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
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