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Période coloniale

L’échec de la politique française d’intégration au Togo sous tutelle

GBEDEMAH Seti Y. Gableame
(In : Gayibor N. L. (ss. dir. de), 1994 : Les Togolais face à la colonisation, Collection « Patrimoines » n°3, Lomé, Presses de l’UB, pp. 111-147.)


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II- LE PROCESSUS D’INDEPENDANCE

Initialement conçue pour la restructuration et la consolidation de l’Empire décadent, la Conférence africaine française de Brazzaville a finalement produit l’effet contraire dans la mesure où les droits et les libertés accordés ont plutôt contribué à déclencher le processus d’indépendance, malgré la France.

Pour ce qui concerne le Togo [15], ‘‘l’évolution de la formation politique de l’autochtone prend son essor à la fin de 1945’’. Aussi, les Togolais ont-ils exploité à fond l’internationalisation du phénomène colonial, amorcée par le régime de mandat puis renforcé sous celui de tutelle, pour accélérer leur accession à la souveraineté internationale.

A- La promotion politique

L’un des soucis primordiaux des Togolais est la sauvegarde de l’intégrité de leur territoire dans l’ensemble colonial franco-britannique de l’Afrique occidentale. Ainsi, leurs formations politiques se sont-elles organisées en dehors de l’influence des grands partis métropolitains ou africains.

1) Les formations politiques

La recherche de la satisfaction des aspirations et des revendications, dont l’expression devient de plus en plus exigeante, divise l’opinion publique togolaise en deux grandes tendances nationalistes avec diverses nuances de part et d’autre des frontières du Togo franco-britannique et de la Gold-Coast :

-   la première s’élève contre toute mesure qui risquerait de compromettre, si peu soit-il, l’intégrité du Togo allemand, qu’il fallait compléter par le triangle de la basse vallée de la Volta : sa réticence s’est donc manifestée très vivement contre l’érection du Togo et du Dahomey en une seule circonscription électorale à l’occasion des scrutins des 21 octobre et 18 novembre 1945, puis du 10 juin 1946 pour leur représentation au sein des première et deuxième assemblées constituantes françaises [16] ;

-   la seconde, plus ou moins acquise à la cause du maintien de la France, soutient apparemment celle-ci dans la défense de ses intérêts.

Cette dernière position est officiellement incarnée par le Parti Togolais du Progrès, créé le 9 avril 1946 dans des circonstances que l’autorité de tutelle définit ainsi :

‘‘L’action d’opposition et l’excès des réclamations d’une partie de la population poussée à abuser des droits et de la liberté qu’on lui alloue, suscitent d’eux-mêmes la formation d’un groupement progressiste qui s’applique à la recherche d’un climat sain, favorable à une évolution raisonnable’’ [17].


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[15] Rapport Annuel du Gouvernement Français à l’Assemblée de l’ONU sur l’administration du Togo pour l’année 1947, page 12.

[16] Le Togo et le Dahomey (actuelle République du Bénin) y sont représentés par des candidats du Dahomey : - 1er collège (Français) : RP Francis Aupiais, missionnaire décédé le 14 décembre 1945 et remplacé par le RP Jacques Bertho, également missionnaire au Dahomey, 2ème collège (non citoyens français) : Marcellin Sourou Migan Apithy, expert comptable, originaire de Porto-Novo (Dahomey).

[17] Rapport Annuel du Gouvernement Français à l’Assemblée de l’ONU sur l’administration du Togo pour l’année 1947 ; op. cit., p.12.


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Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
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