

I. Quelques données sur l’archéologie et la préhistoire
La recherche archéologique et préhistorique est d’un développement récent au Burkina Faso. Son émergence est liée à l’ouverture d’un Département d’Histoire et Archéologie à partir de 1975 à l’Université de Ouagadougou et à l’exécution au Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST) de même qu’à l’ex-ORSTOM, de programmes ponctuels en archéologie. Auparavant, ce fut le temps des découvertes fortuites qui caractérise principalement la période coloniale.
Cette jeunesse de l’archéologie burkinabè, associée aux insuffisances en infrastructures, en équipements et surtout en personnels, explique que l’inventaire du patrimoine archéologie soit toujours d’actualité. A l’état actuel des connaissances, les sites archéologiques du Burkina Faso se répartissent thématiquement de la façon suivante : les sites à industrie lithique, les abris aménagés sous roche, les gravures et peintures rupestres, les buttes anthropiques et les nécropoles, les enceintes de défense, les vestiges de la paléométallurgie.
Les sites à industrie lithique se localisent principalement dans le nord et l’ouest du pays. Certains ont pu être datés par les méthode isotopiques. Parmi eux figure le site de RIM dans le Yatenga au nord du territoire. Fouillé par Waï-OGUSU entre 1970 et 1972, trois cultures y ont été identifiées dont la plus ancienne date de 10 000 à 3 000 avant notre ère.
Toujours au nord, dans l’Aribinda, autour de la mare d’Oursi et dans l’Oudalan, plusieurs ateliers lithiques ont été reconnus et quelques uns étudiés. Il en est de même à l’ouest et dans le sud-ouest du pays, mais en l’état actuel des connaissances, c’est à proximité de Markoye, dans l’Oudalan, que les preuves les plus anciennes de la présence de l’homme au Burkina Faso ont été rassemblées. Il s’agit d’un matériel lithique composé de nucleus, de chopper, de chopping-tool et daté de -400 000 ans. Ces vestiges ne sont toutefois pas accompagnés de restes osseux.
Les témoignages des périodes les plus récentes de la préhistoire se répartissent sur presque toute l’étendue du territoire. On les trouve sur des sites de plein air ou dans des abris sous roche dont certains ont été étudiés dans la « falaise » du Gobnangou à l’est, ou dans les reliefs en grès ruiniformes de Sindou à l’ouest. Ces abris sous roche recèlent aussi du mobilier céramique et protègent quelques fois comme à Kawara à l’ouest ou Yobiri dans le Gobnangou, des représentations rupestres.