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Période coloniale

Identité culturelle et environnement colonial

AHADJI Amétépé Yawovi
(Département d’Allemand)


In : Revue du C.A.M.E.S. Série B - Vol. 02, 2000, pp. 134-162.

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Le thème de l’identité n’est pas nouveau dans les débats littéraires, sociologiques, philosophiques ou autres. Parmi les différentes définitions du mot « identité », on peut retenir celle qui part de la racine « Idem », c’est-à-dire « même ». C’est le fait pour une personne d’être tel individu et de pouvoir également être reconnue pour tel sans nulle confusion grâce aux éléments qui l’individualisent (état civil, signalement).

L’identité permet de reconnaître les caractères particuliers d’une personne ou d’un groupe de personnes. Si nous prenons comme exemple l’Afrique colonisée par les Européens, la quête de son identité culturelle apparaît comme la lutte de tout un continent pour se faire reconnaître les valeurs dont il a été privé pendant longtemps.

L’objectif du présent exposé, c’est d’analyser d’abord la contribution des Sociétés des Missions chrétiennes à la promotion et à la sauvegarde de l’identité culturelle des communautés ewe à évangéliser, d’étudier ensuite les réactions de l’administration coloniale et des populations concernées face à cette politique de promotion des valeurs africaines, de montrer enfin que tous les acteurs de la colonisation au Togo ont fini par sacrifier ces valeurs sur l’autel de la germanité, ce qui suscite la relance de la politique d’authenticité culturelle décrétée au Togo dans les années 1975.

Mais avant d’aborder le problème de l’identité culturelle, voici quelques remarques préliminaires : Les travaux de recherche sur l’histoire ou la civilisation ewe, des origines à nos jours, sont bien connus et ne méritent plus d’être exposés dans notre analyse [1]. Notons simplement que le Togo, ayant une forme allongée, s’étire de la côte jusqu’à la limite du Burkina Faso. Les communautés ewe dans notre analyse, englobent tous les groupes « ewéisés » se rattachant plus ou moins directement aux Ewe par la langue et la culture et s’étendant du sud du Ghana, en passant par le sud du Togo jusqu’à la frontière-ouest du Bénin.

En d’autres termes, les deux notions - celle du Togo et des communautés ewe - ne se superposent pas. Mais le concept d’identité culturelle que nous voulons analyser dépasse le cadre limité des Ewe et s’étend parfois à tout le Togo allemand. Par ailleurs, plusieurs Sociétés de Mission ont eu des contacts plus ou moins étroits avec les communautés ewe. Il s’agit de la Communauté des Frères Moraves, de la Société des Missions de Bâle, de la Mission Méthodiste de Wesley, de la Société des Missions de l’Allemagne du Nord ou Mission de Brême et de la Société du Verbe Divin de Steyl. Dans le cadre de notre exposé, nous ne retiendrons que les trois dernières congrégations religieuses, c’est-à-dire celles de Wesley (anglaise), de Brême (allemande) et du Verbe Divin de Steyl (hollandaise) qui ont eu un impact direct sur ces communautés.


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[1] Voir Nicoué L. Gayibor : L’aire culturelle ajatado des origines à la fin du 18è siècle. Thèse pour le Doctorat d’Etat es Lettres et Sciences Humaines, Paris 1985, 1200 pages


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