

La question de l’éducation et de la formation est aujourd’hui au centre des préoccupations de tous les pays du monde. Les progrès ou le retard dans tel ou tel domaine sont souvent attribués à des problèmes de formation. Dans les pays en voie de développement, le Ministère de l’Education est constamment sollicité à faire preuve d’imagination pour moderniser son appareil éducatif, tandis que les services pédagogiques sont invités à actualiser leurs programme de formation en recherchant les meilleures méthodes d¢acquisition du savoir et de leur application pratique.
De nombreuses recherches sont effectuées aujourd’hui sur les femmes et ce, dans tous les domaines (politiques, économiques, socio-culturels). Ces études mettent l’accent sur leurs conditions de vie et leurs droits bafoués, leur émancipation et leurs aspirations restées ignorées ou délibérément rejetées par les hommes. Il faut noter qu’au moment où les femmes commencèrent au 19ème siècle leur combat d’émancipation en Amérique et en Europe, les puissances coloniales européennes se mirent à soumettre le reste du monde à leur domination en leur imposant un nouvel ordre politique, économique et socio-culturel.
C’est ainsi que l’Allemagne, bien que son passé colonial n’ait duré qu’une trentaine d’années, a également laissé dans ses colonies un héritage culturel constitué surtout par les apports de différentes Missions chrétiennes. Ces dernières étaient conscientes que leurs tâches d’évangélisation et de christianisation n’étaient pas réalisables sans la formation scolaire et sans l’éducation aux valeurs chrétiennes. L’administration a su apprécié les institutions et méthodes pédagogiques initiées par les Sociétés de mission auxquelles elle a abandonné la quasi totalité de l’œuvre de formation et d’éducation dans les colonies. Dans notre analyse la Société de mission de l’Allemagne du Nord appelée aussi Mission de Brême et la Société du Verbe Divin de Steyl occupent une place de choix dans l’œuvre de formation et d’éducation au Togo de 1884 à 1914 .
L’objectif de la présente analyse est d’étudier le cas de la formation de la jeune fille en milieu traditionnel togolais, notamment chez les Ewe du Sud-Togo et de celle de la jeune fille en Allemagne à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle ; ensuite de mesurer les bouleversements introduits par les Sociétés de mission chrétiennes chargées à la fois de la formation, de l’éducation et de l’évangélisation des enfants « païens » ; enfin de dégager les problèmes engendrés par une telle formation et éducation.