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Etude historique de l’esclavage au Niger

Rôle historique de l’Afrique dans l’esclavagisme

GALY, Abdel Kader


L’esclavage au Niger. Aspects historiques. Aspects juridiques. Dénombrement et statistiques. Niamey, Anti-Slavery International mars 2004, 157 pages ; lauréat du Prix International des Droits de l’Homme décerné par Anti-Slavery International, novembre 2004. Avec l’aimable autorisation des auteurs et éditeurs.

L’une des sources historiques les plus anciennes connues sur le rôle joué par l’Afrique dans l’esclavage est celle que Popovic révèle en relatant qu’en 689-90 et en 694 des esclaves noirs s’étaient insurgés en Mésopotamie (Bas Irak).

Ils étaient connus sous le nom de Zandjs et plus tard, c’est Al Tabari qui estima leur nombre à 15 000 environ. Ils travaillaient sur des chantiers pour l’irrigation des terres et l’entretien des canaux.

Ibn Khaldun rapporta que ces esclaves noirs étaient originaires de l’Afrique orientale.

Al Yakubi (1975, p. 48-49) écrivait en 891 : « On se rend ensuite à un pays (ou une ville) appelé Ghast (Audaghust). C’est une oasis prospère avec habitations fixes. Il y a là un roi sans religion et sans loi religieuse qui fait des razzias dans le pays des Sudan [1]. »

Plus au sud, les populations sont musulmanes et elles exportent des esclaves Sudan (...) de leur voisinage, les réduisant en captivité. « On m’a rapporté que les rois des Sudan vendent ainsi des Sudan sans raison et sans motif de guerre » (Al YaKubi)

Ibn Hauqal (1925, p.95) révèle quant à lui avant 988 que « parmi les exportations du Maghreb vers l’Orient, il y a les belles et jolies mulâtresses qui sont devenues les favorites des Abbassides et autres grands personnages... Puis il faut énumérer les beaux esclaves importés des pays des Noirs, ainsi que les esclaves provenant des la région des Slaves par le canal de l’Espagne. »

Anderson (1977, pp. 190-191) relie le commerce des esclaves à la prospérité dans certaines régions de Russie, particulièrement le royaume varègue.

« Le royaume varègue de Russie était un empire commercial édifié essentiellement sur la vente des esclaves au monde islamique d’abord par l’intermédiaire du Khazar et des khanats bulgares, plus tard directement à partir de l’emporium central de Kiev ».

Ainsi durant plusieurs siècles tous les continents ont contribué à « saigner » l’Afrique par l’intermédiaire de l’esclavage.

Il n’est nul besoin de revenir sur la Traite de Noirs dont les contours sont connus. Le plus important est d’examiner la participation de l’espace nigérien actuel au mouvement de l’esclavagisme et avoir une idée de la situation à la veille de la pénétration coloniale, pendant la domination coloniale et après l’accession à l’indépendance.

En effet, Olivier de Sardan a écrit que « la colonisation représente dans l’histoire des peuples africains une telle rupture qu’il est impossible de ne pas distinguer un « avant » et un « après » la conquête française » (Olivier de Sardan, 1984 p. 1)

En effet, les sociétés africaines ont été traumatisées par la pénétration coloniale qui a bouleversé des valeurs au nom d’autres valeurs.

Cette domination devra être examinée à la lumière de l’esclavagisme pour évaluer si dans ce domaine il y eu ou non changement de valeurs car l’héritage actuel en découle directement.


[1] Sudan est le nom que les historiens arabes donnent au pays des Noirs et désignent aussi les noirs par le même vocable. Plus tard, les géographes ont dénommée la partie de l’Afrique de l’Afrique de l’Ouest qui comprend une bonne partie du Mali actuel le Soudan français par opposition au Soudan qui est aujourd’hui une république islamique.


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Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
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