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Etude historique de l’esclavage au Niger

Préambule




L’esclavage au Niger. Aspects historiques. Aspects juridiques. Dénombrement et statistiques. Niamey, Anti-Slavery International mars 2004, 157 pages ; lauréat du Prix International des Droits de l’Homme décerné par Anti-Slavery International, novembre 2004. Avec l’aimable autorisation des auteurs et éditeurs.

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Plusieurs formes d’esclavagismes existent au Niger en ce début du troisième millénaire.

On peut distinguer un esclavagisme « pur et dur », dans lequel l’esclave est considéré comme une bête, travaillant de jour et de nuit, sans aucune rémunération, soumis à toutes les brimades possibles et imaginables selon le bon vouloir du maître. Les exemples foisonnent en effet. Le journal Le Démocrate du 07 novembre 1994, publie en page 3, la photo de trois évadés avec le commentaire suivant :

« ...Tahmoud, Rhali et Chaddi... vivaient depuis des années en situation d’esclaves ( !) Taillables et corvéables à merci, ils étaient souvent battus et selon leur propre terme, interdits même de prier. La chose aurait peut être été compréhensible si elle se passait quelques part dans un coin perdu où certaines tribus vivent encore, nous n’avons aucune honte à le dire, dans la préhistoire. Il se trouve que les trois pauvres jeunes gens ont déclaré avoir fui de chez un secrétaire général adjoint de ministère ».

En 1991, dans le journal gouvernemental SAHEL DIMANCHE du 22 novembre 1991, on peut lire : « Esclavagisme à Tchintabaraden. Dans la région de Tchintabaraden, un jeune homme aurait été sauvagement battu par son prétendu « maître », fils d’un notable, pour avoir refusé de le servir. La victime aurait perdu sa puissance virile suite à la bastonnade. Il semble que la pratique soit courante dans la région... ». En réalité, le maître a tout simplement procédé à l’émasculation de la victime.

Dans le journal « Alternative » n° 218 du 28 juillet 2000, un dossier a été consacré à l’esclavagisme. Le titre est « Pratiques esclavagistes au Niger en l’an 2000 : LA HONTE », on y lit une interview de Tumajet Ghousmane, une esclave évadée et qui témoigne :

« J’ai été offerte en guise de cadeau de mariage. Le mari de ma maîtresse était un élément de la garde républicaine du Niger. (...) J’ai beaucoup souffert pourtant. Quand il y avait un peu de sel dans la sauce, ils me battent. Je me rappelle encore un jour, pas plus tard que l’année passée, d’une blessure faite à mon enfant de 8 ans. Il était parti au pâturage avec les animaux. Terrifié par d’autres enfants plus forts que lui, mon fils a regagné le campement. Cela a provoqué la colère du maître. Il s’est servi d’un bâton pour battre l’enfant et moi. J’ai reçu un violent coup au coude gauche. Suite à cela, j’ai traîné la douleur pendant un mois. Pour le maître, nous sommes des objets comme le pilon, la chaise, le mortier [1] ».

On peut multiplier les exemples, mais nous avons choisi de nous en tenir à ceux qui sont parus dans la presse nationale, prouvant par là-même que la pratique n’est inconnue ni des autorités publiques, ni de l’opinion, ni des associations de défense des droits de la personne. Cette pratique est la plus répandue. On la retrouve dans presque tout le territoire du Niger, avec une variation dans l’intensité.


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[1] Interview de Tumajet Ghousmane recueillie par Cissé Souleymane Mahamane dans le journal « Alternative » n°218 du 28 juillet 2000


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