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Etude historique de l’esclavage au Niger

Préambule




L’esclavage au Niger. Aspects historiques. Aspects juridiques. Dénombrement et statistiques. Niamey, Anti-Slavery International mars 2004, 157 pages ; lauréat du Prix International des Droits de l’Homme décerné par Anti-Slavery International, novembre 2004. Avec l’aimable autorisation des auteurs et éditeurs.

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En règle générale, lorsqu’on parle de l’esclavagisme et de l’Afrique, c’est la « Traite des noirs » qui revient à l’esprit, à cause de son caractère massif, des ravages qu’elle a fait dans des sociétés entières et de ses conséquences qui ne sont pas encore évaluées, car le droit à la réparation n’a pas encore connu le moindre degré de mise en œuvre.

L’histoire montre que le rôle de l’Afrique relativement à l’esclavagisme très ancien. En remontant certaines sources, on arrive à établir que ce n’est pas seulement l’Europe et l’Amérique qui ont une dette vis à vis de l’Afrique, mais c’est l’ensemble de tous les continents qui ont bâti une bonne partie de leur prospérité sur les sueurs, les larmes, le sang et les souffrances des Africains noirs en particulier.

Sur un plan général, l’Encyclopaedia Universalis nous donne une définition historique de l’esclavage. En effet, M. Lengelle, situe l’institution de l’esclavagisme dès l’apparition des civilisations rurales. « Depuis l’apparition des civilisations rurales jusqu’au 18 è siècle en Europe, jusqu’au 19 è siècle dans la plupart des autres continents, l’esclavage a constitué la forme le plus répandue de l’organisation du travail, la base et la structure de l’économie (M. Lengelle, Encylopaedia Universalis 1980, 445).

L’esclavagisme ouvre la voie au génocide pour les peuples qui en furent les victimes. L’interrogation consistait à se demander si c’est le langage ou la couleur de la peau qui dessine la vraie frontière entre l’homme et l’animal ou, « Dieu a-t-il créé le nègre simultanément avec les oiseaux ou les reptiles ou le sixième jour en même temps que l’homme » (M. Lengelle, Encylopaedia Universalis 1980, 445).

Dans la genèse de l’esclavagisme, il distingue l’esclavagisme « doux », où l’homme n’élimine plus son ennemi en tant que consommateur concurrent. « Au lieu de l’utiliser sous la forme la plus directe, l’anthropophagie, il se projette de le transformer en travailleur auxiliaire dont le niveau de vie réduit lui permettait d’améliorer le sien » (M. Lengelle, Encylopaedia Universalis 1980, 445).

A cet esclavagisme doux, s’oppose une seconde forme dans laquelle l’homme est réduit à l’appartenance à un troupeau d’animaux « Dans ce système, l’homme est la chose de son maître, à l’instar du cheval ou du bœuf. »

En conséquence de quoi M. Lengelle conclut que tous les attributs de la propriété transmise par le droit romain s’appliquent à la chose humaine. L’esclave pouvait être loué ou cédé à bail.

Les deux caractéristiques fondamentales de l’esclavage sont le racisme et l’inégalité sociale. La société esclavagiste se fonde sur la négation de la dignité humaine. Cette approche de définition de l’esclavagisme est de nos jours encore d’actualité.

M. Lengelle, cependant, n’accorde pas de l’importance à la place qu’a occupée l’Afrique dans ce vaste mouvement de l’humanité et il se trompe en situant la fin de l’esclavagisme 18e siècle pour l’Europe et au 19e siècle dans les autres continents.

La réalité est autre, car en 2000, l’esclavagisme existe dans certaines parties de l’Afrique, et en particulier au Niger.


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Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
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