Revenir à l'accueilRevenir à l'accueil

Relations Afrique-Europe

A propos du commerce de l’or entre Akan et Européens sur la Côte de l’Or (XVe -XVIIe siècles) : pactole contre pacotille ?

ALLOU Kouamé René
(département d’histoire, université Cocody-Abidjan)


Page suivante >>

Résumé

Entre la deuxième moitié du xve et le xviie siècle, les échanges entre Européens et Akan, sur la Côte de l’Or, qualifiés de commerce de l’or, ont été perçus comme des transactions où les premiers n’offraient aux seconds que pacotille contre un véritable pactole.

Notre article montre qu’il s’agissait d’un commerce monétaire dans la mesure où la poudre d’or était considérée comme une monnaie par les Akan et que les biens, ainsi acquis, avaient à leurs yeux valeur marchande. C’est, par conséquent, à partir de la perspective akan, que ce commerce sera ici étudié.

Introduction

Dès la deuxième moitié du xve siècle, les échanges entre les populations de la Côte de l’Or et les Européens prirent de l’ampleur.

L’or était l’objet principal qui rythmait ces échanges et son commerce fut à l’origine d’un véritable quiproquo entre protagonistes.

Tandis que les Européens, qui recevaient de la poudre d’or en échange de leurs produits, prenaient cette matière pour une stricto sensu marchandise (donc croyaient avoir à faire à un troc), pour les marchands de la Côte de l’Or, les Akan, la poudre d’or était une monnaie d’échange. Pour eux donc, il s’agissait d’un échange monétaire, et non d’un simple troc.

Devant ce malentendu, on a parlé, à propos de ces échanges, de « pactole » (entendre l’or) contre « pacotille » (les produits que donnaient les marchands Européens aux marchands Akan).

Or, affirmer cela - ou le penser - serait une méprise étant donné que, d’une part, pour les Akan, il s’agissait d’un échange monétaire et que, d’autre part, chacun des partenaires y trouvait aussi son compte.

Cet article veut montrer que le commerce entre Européens et Akan était bel et bien un échange monétaire. C’est ce que nous montrerons dans la première partie de ce travail.

La seconde partie de notre article s’attachera à montrer qu’il est inexact de soutenir que ce commerce entre Européens et Akan fut « le commerce du pactole contre la pacotille », et en quelque sorte s’opposer à ceux qui prétendent que ce fut un marché de dupe dont les dindons de la farce auraient été les Africains.


1 2 3 4 5 6 >>


Rechercher sur le site

Penser et écrire l’histoire
Quelques outils
Réseaux et liens


Fiches pays

 Burkina Faso
 Togo
 Niger
 Mali
 Sénégal
Côte d’Ivoire


Actualités


Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
Voir les dernières pages ajoutées ou modifiées