

Une partie au moins des savants du Mali ont joué un rôle important dans l’instauration et la diffusion de l’Islam dans le Haoussa et ce, à l’époque de Mansa Moussa. Ce sont eux qui ont posé dès le XVè siècle les jalons d’échanges en matière d’enseignement et de la culture islamique entre l’Université et les Instituts de Tombouctou, ainsi que des savants de la ville de Djenné au Mali d’une part et le Haoussa d’autre part (Nigeria actuel).
Il fallait ainsi attendre l’arrivée des savants Wangara pour voir le véritable islam instauré et l’idolâtrie éradiquée.
Aussi, lorsque Mansa Souleymane avait succédé au trône du Mali après la mort de son neveu, il a tout fait pour que Tombouctou retrouve sa gloire culturelle et scientifique perdue par suite de son attaque par les Mossi qui avaient détruit les mosquées, les écoles et les bibliothèques. C’est à cette époque que les chefs des Songhay ont pu acquérir leur indépendance et se détacher du Mali.
Mansa Souleymane a fait construire les mosquées et fit venir les savants et les Fuqaha malékites.
Cependant, il faudrait signaler que Sonni Ali a réservé un mauvais traitement aux savants parce qu’il n’était pas un bon musulman [1]. Lorsqu’Askia Mohamed était devenu roi du Songhay, il avait commencé par les faire revenir tous à Tombouctou en les indemnisant avec générosité.
Il a reconstruit tout ce qui fut détruit par Sonni Ali et a acheté beaucoup de livres scientifiques et culturels. Il s’est intéressé à la diffusion des sciences et de la culture, ce qui a redonnééclat à Tombouctou durant son règne.
La ville de Tombouctou, sous la dynastie Askia, notamment à l’ère d’Askia Mohamed et de son fils Askia Dawud, était un pôle de la culture islamique de premier plan dans le Soudan Occidental. Durant cette période, l’architecture de la ville s’est nettement améliorée avec la construction de mosquées, des instituts, des Kuttâb et des medersas [2]
A Tombouctou, les savants bénéficiaient d’un statut particulier dans la société soudanaise, puisque les rois et les sultans Songhay ont pris l’habitude de décréter des lois qui rendaient la personne du savant, sa progéniture et ses biens inviolables à vie.
Ce qui a contribué à l’épanouissement des sciences et de la culture islamique à l’université de Tombouctou. Aussi les savants et les riches de Tombouctou ont contribué à l’épanouissement de la culture islamique en créant leur propre bibliothèque et ne refusant aucun prêt aux étudiants. Ces derniers allaient à Tombouctou pour étudier à l’Université de Sankoré ou dans les Universités semblables en Afrique du Nord ou de l’Ouest. Les étudiants étaient les hôtes des riches, des commerçants et des nobles de la ville. De plus la mosquée de Sankoré, grâce à des legs pieux, pouvait subvenir à leurs besoins.
La ville de Tombouctou est devenue un pôle culturel qui rayonnait sur tout le Soudan. Elle était mondialement célèbre pour son commerce des livres et ses manuscrits. On y apportait les ouvrages de tout le monde islamique pour les recopier et ensuite les revendre sur le marché local. Les sultans, les savants et les étudiants s’empressaient de les acquérir. Les savants s’adonnaient à la création des bibliothèques privées [3].
L’Université de Sankoré, à l’époque, jouissait d’une belle réputation puisque des professeurs de renommée y enseignaient, ainsi leur réputation atteindra l’Afrique du Nord et le Maroc. Il en était de même pour les cheikhs de la Grande mosquée et de la mosquée de Sidi Yahia.
On notait la coopération étroite et continue entre les savants des Universités et instituts de Tombouctou et les universités du Maghreb à Marrakech, à Tunis et à Alger ainsi que d’autres villes.
Les savants du Maroc visitaient régulièrement Tombouctou et autres villes du Soudan, tout comme lessavants de Tombouctou, résidaient beaucoup à Fès ou à Marrakech soit pour étudier, soit pour enseigner.
[1] Sonni Ali fut élevé chez sa mère du pays Haoussa. C’est pourquoi il n’a jamais laissé les pratiques religieuses traditionnelles de Songhay. Sonni Ali reconnaissait le mérite des savants et pense qu’ils sont indispensables. Il a même récompensé et respecté beaucoup d’entre eux.
[2] Pr Dr Aboubakr Ismaïl Maïga .- Op Cit. p.45.
[3] On racontait que beaucoup de savants avaient plus de 2000 livres.