

Histoire du terme et de sa signification
La vie du terme céramique apparaît curieuse. L’Encyclopædia Universalis (Vol.4, 1980 : 59) nous apprend que céramique vient du grec KERAMOSS, qui renvoie tantôt à « argile », tantôt à « poterie ».
ALEXANDRE BRONGNIART (minéralogiste français : 1770-1847), assimile ce terme à la corne d’un animal étant entendu que les anciens utilisaient les cornes de bovidés comme gobelets et auraient conservé la même dénomination pour les premières poteries argileuses. Cette explication fort intéressante a récemment été contestée.
On pense que corne viendrait du grec KERASS et d’un vieux radical indo-européen KRAM qui signifierait brûler ce qui a donné naissance au latin CREMO.
Il est aujourd’hui bien établi que la technique céramique n’est pas apparue brutalement. Elle s’est imposée progressivement. Au Proche Orient, il est mis en évidence l’utilisation de la chaux et du plâtre pour enduire les murs et daller les sols d’habitat, puis la confection des statuettes et de minuscules vases et, enfin la fabrication de poteries modelées cuites.
En effet, la cuisson de l’argile fait la céramique. C’est pourquoi, toutes les définitions de la céramique prennent en charge le traitement thermique. BALFET et al. (1983 :46) précisent que « les termes de céramique, poterie, terre cuite (qui sont strictement équivalents sauf le fait que céramique peut être employé comme adjectif) doivent être réservés aux objets en argile qui ont subi une déshydratation par cuisson. Ils ne peuvent donc s’appliquer s’il y a séchage même très prolongé au soleil ».
ECHALLIER (1984 : 5) définit les produits céramiques comme des « agrégats minéraux rendus cohérents par chauffage ». Ils concernent aussi bien les terres cuites comme la brique ou la poterie commune que les composants électroniques. Comme le précise GIACOMOTTI (1949 :5), « les terres cuites, les poteries vernissées, les faïences sont des poteries tendres, non vitrifiées, opaques et poreuses.
Les porcelaines sont des poteries dures, vitrifiées, translucides et imperméables. Les grés sont durs et imperméables comme les porcelaines, mais opaques en épaisseur parce qu’incomplètement vitrifiés ».
En effet, la céramique industrielle, en raison de son mode de réalisation (types de produit, automatisation, personnel réduit), se distingue de la céramique artisanale.
C’est pourquoi BOCH (1988 :23) précise que « le terme céramique recouvre deux réalités complémentaires. La définition de la céramique du physico-chimiste « comme solide inorganique et non métallique ce qui englobe la plupart des roches » diffère de celle de l’industriel ou l’artiste qui ne prennent en compte que les procédés de fabrication : « les pièces céramiques sont constitués de matériaux céramiques préparés par des techniques céramiques. Il s’agit uniquement de matériaux de synthèse (ce qui exclut les roches) résultant de l’action de la chaleur sur un agglomérat pulvérulent ».
Du reste, une définition de la céramique largement admise a été celle donnée par le Colloque sur le Vocabulaire Technique Céramique en Archéologie (PETIT 1971 :76) : « terme générique recouvrant toute production de l’homme dans laquelle interviennent à la fois l’eau, la terre et le feu ».