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Etudes et analyses

Les Libano-Syriens en Afrique de l’Ouest. De la fin du XIXe siècle à nos jours.

THIOUB Ibrahima
(Chef du département d’histoire, UCAD-Dakar, Sénégal)


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Libanais, Syriens, Libano-syriens, Levantins, tous ces vocables ont désigné les ressortissants asiatiques et nord-africains immigrés en Afrique de l’Ouest. Ces dénominations renvoient plus souvent aux changements survenus dans le statut international des pays d’immigration.

A une écrasante majorité, les immigrants du Levant qui s’installent en Afrique de l’ouest à partir de la fin du XIXe sont originaires du Liban suivis des ressortissants de la Syrie et d’une présence très minoritaire de Palestiniens, d’Iraniens, d’Égyptiens, de Marocains et d’Algériens et d’Israélites. Ces nationalités expriment une nette conscience de leur différence que les sociétés hôtes éprouvent du mal à discerner tant sont similaires leurs statuts locaux, leurs pratiques économiques et sociales et leur phénotype chromatique. Dans le texte qui suit, nous employons, par commodité de langage, le terme le plus populaire, Libano-Syriens, après en avoir expliqué les origines historiques.

Jusqu’à la première guerre mondiale le Liban et la Syrie actuels faisaient partie de la province ottomane de Syrie d’où l’appellation de Syriens. À la suite de l’éclatement de l’empire ottoman, consécutive à sa défaite et à sa dislocation lors de la première guerre mondiale, les traités de San Rémo et de Lausanne (1920) établissent le mandat français sur la province de Syrie, à l’occasion divisée en deux territoires : le Liban et la Syrie. Progressivement s’est imposé le vocable de Libano-Syrien. Suivant les différences de motivations et selon les époques, les migrants sont venus, en majorité de l’une de ces trois régions :

1. Nord Liban : chrétiens (Maronites, Grecs orthodoxes) et musulmans sunnites 2. Mont Liban : chrétiens (Maronites) 3. Sud Liban : musulmans (Shi’ites)

En combinant plusieurs facteurs dont l’évolution de leur poids démographique, leur mode d’insertion dans les circuits économiques, les réactions suscitées par leur présence auprès des colonies européennes de l’Afrique de l’ouest, des autochtones africains et des administrations coloniales et post-coloniales, il se dégage quatre grandes périodes couvertes par les migrations libano-syriennes en Afrique de l’Ouest. La première, caractérisée par l’insertion dans les circuits commerciaux de l’économie de traite, s’arrête à la fin de la première guerre mondiale.

L’entre-deux-guerres est marquée par une stabilisation des flux migratoires et une consolidation des positions économiques des Libano-Syriens dans les différentes colonies suscitant des réactions négatives des colons européens. La troisième séquence est marquée par les stratégies d’adaptation des Libano-Syriens à la diversification des circuits économiques ouest-africains et à la montée du nationalisme africain, de la fin de la deuxième guerre mondiale aux années 1960.

Au cours de la quatrième période, les Libano-Syriens s’accommodent aux changements induits par l’indépendance des anciens territoires coloniaux et à l’arrivée au pouvoir des élites africaines avec des orientations politiques et économiques diverses et variées dans le temps d’une part et d’un pays à un autre d’autre part.


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Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
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