

Les recherches historiques au Burkina ont porté sur des thèmes variés, mais n’ont pas abouti jusque là à une synthèse sur l’histoire nationale burkinabé.
Au département d’Histoire et archéologie de l’Université de Ouagadougou et au Centre National de Recherche Scientifique et Technologique, l’écriture de l’histoire s’organise en options appelées à devenir des laboratoires de recherche.
Si le CNRST dispose d’un programme de recherche en histoire, à l’université, ce sont les projets individuels des enseignants-chercheurs qui sont à examiner dans le cadre de ce volet sur les chantiers en histoire.
Les premiers ouvrages d’ensemble sur l’histoire nationale écrits par des Burkinabé ont été l’œuvre d’amateurs en histoire. François Bassolet fut le premier à faire, dès 1968, une esquisse sur l’évolution politique de la Haute-Volta de 1898 à la fin de la première république.
A sa suite, Albert Salfo Balima (1970) remonte dans sa Genèse de la Haute-Volta à l’histoire précoloniale pour indiquer comment la colonisation française a mis en commun les destins des peuples qui occupent actuellement l’espace territorial voltaïque. Son travail approfondit dans une certaine mesure le manuel proposé par les Pères Guilhem et Hébert sur le passé précolonial burkinabé.
On perçoit en filigrane dans leur approche l’influence de l’école nationaliste des historiens africains, plus soucieux de réhabiliter la personnalité africaine par des œuvres historiques qui analysent les grands repères de l’histoire du continent noir. Ils contribuent en même temps à faire de l’histoire le levier fondamental de construction nationale, selon la formule désormais célèbre du Professeur Joseph Ki-Zerbo.
Les historiens de métier qui s’attachent à l’écriture de l’histoire nationale à partir des années 1970 ont des préoccupations plus diversifiées qui se ramènent à l’histoire ethnique et aux faits de micronationalité. Le souci d’une histoire nationale existe, mais l’écriture de l’histoire nationale passe par la connaissance préalable des différentes sociétés qui la composent la nation à construire.
Il était en effet plus facile aux chercheurs de faire l’investigation historique dans des cadres ethniques dont ils maîtrisaient plus la langue et la culture pour le recueil de l’information. Les historiens de la génération des années 1970 restent plus ou moins influencés par le nationalisme qui a guidé l’historiographie africaine des années 1950, dont les chefs de file sont Cheikh Anta Diop et Joseph Ki-Zerbo. Le souci de montrer les résistances africaines à la conquête européenne reste le thème dominant. Ce thème permit de camper l’histoire précoloniale afin de montrer les formes d’organisation sociopolitique et les stratégies militaires africaines.