

I. Information générale
1.1. Présentation des promoteurs
A) Le Haut commissariat de la province du Houet
La province du Houet est l’une des quarante cinq divisions administratives du Burkina Faso. Elle est située à l’Ouest et a pour chef-lieu la ville de Bobo-Dioulasso où est installé le Haut-commissariat, structure administrative de la province.
Il est dirigé par un Haut-commissaire, nommé et représentant le chef de l’Etat et le gouvernement.
Située au cœur de l’Afrique occidentale et au carrefour des grands axes commerciaux, la province du Houet qui compte aujourd’hui treize (13) départements et près d’un million d’habitants, a été depuis près de huit siècles une zone de forte immigration. L’occupation coloniale qui est intervenue le 25 mai 1897 a accéléré l’accroissement du flux migratoire avec l’érection de la ville de Bobo-Dioulasso en chef-lieu du cercle et lieu de centralisation des archives.
Le Haut-commissariat est le dépositaire et le gestionnaire des archives provinciales.
B)Le Centre africain de recherche pour une pratique culturelle du Développement (C.A.D)
Reconnu par l’arrêté n° 92-264/MAT/SG/DELPAJ du 19 septembre 1992 le C.A.D a pour but :
Le C.A.D qui s’est intéressé aux archives de la province depuis près de vingt ans et a contribué à leur sauvegarde assure dans le projet l’appui technique.
1.2. Motivations
A. Présentation de la province du Houet
La province du Houet est située à l’Ouest du Burkina Faso. Elle est limitée au Nord par les provinces du Mouhoun et de la Kossi, à l’Est par la province du Tuy au Sud-Est par la province de la Bougouriba, au Sud par la Comoé et à l’Ouest par les provinces de la Léraba et du Kénédougou.
La population totale résidente est estimée à près d’un million d’habitants dont la seule ville de Bobo abrite plus de la moitié. Cette population est composée de différentes ethnies. Certaines sont installées depuis longtemps, probablement avant le VIIIè siècle de notre ère. Ce sont les Bobo-madarè, les Bwaba, et les Toussians. D’autres sont arrivés plus tardivement, entre le XIIè et le XVIIIè siècle. Ce sont les Komono, Blé, Bolon, Dorosié, Senoufo, Sembla, Tiéfo, Vigué, Jula, etc.
Enfin, quelques unes se sont installées au XIXè siècle et XXè siècle. Ce sont les Kassamba, les Mossi, les Samo, les Peulhs, etc.
Contrairement à certaines sociétés burkinabè connaissant un pouvoir fort centralisé, les ethnies autochtones de la province ont une organisation administrative de base qu’est le village qui a une autonomie dans la gestion de ses affaires.
Ce sont des sociétés égalitaires et démocratiques. Le village, dirigé par des responsables élus selon un système qui lui est propre, est divisé en clans ou grandes familles, comprenant tous les descendants du même ancêtre mâle. Cependant, dans la plupart des sociétés, la lignée maternelle joue un rôle important.
Le territoire actuel de la province du Houet, par sa position de zone carrefour en Afrique occidentale fut en permanence exposée aux influences extérieures et notamment :
Après sa conquête le 25 septembre 1897, la ville de Bobo-Dioulasso, devint un poste stratégique dans la conquête et la mise en place des institutions coloniales françaises dans l’Ouest du Burkina et même de l’Afrique occidentale française.
La ville de Bobo-Dioulasso devenait ainsi un observatoire politique dans la sous-région.
Ainsi, le décret du 17 octobre 1899 qui procède au redécoupage administratif du soudan-français, élève Bobo-Dioulasso au rang de deuxième territoire militaire du Haut-Senégal-Niger après celui de Tombouctou et c’est de là que partiront bien souvent les troupes pour réprimer les révoltes et notamment celle de 1916. A la création de la colonie de la Haute-Volta en 1919, Bobo-Dioulasso devient la deuxième ville mais la ville la plus importante sur les plans économiques, politiques et socioculturel.
Au vu de l’importance que prend la ville, le Gouverneur général Jules Carde l’érige en commune mixte de premier degré par l’arrêté du 4 décembre 1926 et cela à compter du 1er janvier 1927. Au même moment, sur recommandation de Mgr Johanny Thévenoud Vicaire apostolique de Ouagadougou dans sa lettre du 5 avril 1927 au Révérend Père Voillard supérieur général des Pères blancs, la préfecture apostolique de Bobo-Dioulasso est érigée le 15 décembre 1927. Elle regroupe tout l’Ouest du Burkina Faso, les cercles de Sikasso et de Segou.
De 1932 à 1947, alors que la grande partie de la colonie de Haute-Volta est rattachée à celle de la Côte d’Ivoire, Bobo-Dioulasso constitue le principal relais dans l’expédition des produits de rente et de la main d’œuvre vers la côte. Ce qui explique la multiplication des maisons de commerce, des services sociaux et de différentes directions.
A la fin de la deuxième guerre mondiale, l’évolution du cercle en général et de la commune de Bobo-Dioulasso en particulier retient l’attention de l’administration coloniale au plus haut niveau. Le Haut-commissaire de l’A.O.F, Bechar, affirme le 10 mars 1948 que Bobo-Dioulasso est la tour Saint Jacques de l’Ouest africain. En 1954, elle est érigée en commune de plein exercice. Processus suspendu le 9 décembre 1959 et repris le 2 février 1960 puis suspendu à nouveau en1961 et repris en 1963. Il est à nouveau suspendu en 1965.
En réalité le mouvement communal ne reprendra que le 12 février alors que l’ancien cercle de Bobo-Dioulasso dont furent détachés successivement Banfora, Orodara, Houndé prendra les dénominations de préfecture puis de province. Au-delà des réorganisations administratives, le cercle de Bobo-Dioulasso connaît également une effervescence politique à l’avènement de l’Union française en1946 qui supprime les travaux forcés et accorde aux indigènes le droit de créer des associations.
Les populations adhèrent massivement aux mouvements d’émancipation et notamment ceux du Rassemblement démocratique africain (RDA), des Indépendants d’outre-mer (IOM), du Parti du regroupement africain (PRA). Le cercle de Bobo-Dioulasso devient le bastion du RDA.
Depuis lors, Bobo-Dioulasso n’a cessé d’étendre ses activités. Installation de nouveaux services, de nouvelles unités industrielles, intensification des activités commerciales, sportives et culturelles.
Certes aujourd’hui, Bobo-Dioulasso et la province du Houet semblent perdre leur prédominance. Mais en réalité elles conservent leur rôle de pôle économique du Burkina Faso et détiennent d’archives importantes.