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Chantiers de l’histoire

L’héritage colonial : quelques aspects de l’économie

BANTENGA Moussa Willy
(Département d’histoire, université de Ouagadougou)


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Après la conquête française à la fin du XIXè siècle, les pays de la Haute-Volta (actuel Burkina Faso) furent rattachés à des territoires militaires, puis au Haut-Sénégal et Niger. C’est en 1919 que la Haute-Volta fut créée ; mais elle fut une colonie périphérique de l’AOF marquée par quelques tentatives d’intensification des cultures d’exportation, en particulier du coton et les départs (volontaires, involontaires ou forcées) de ses bras valides vers les colonies jugées viables.

La Haute-Volta accéda à l’indépendance en 1960. Cet événement majeur de l’histoire des Voltaïques constitua-t-il une rupture totale avec la période coloniale ?

Les manuels scolaires, en particulier de géographie, présentent la Haute-Volta de la façon suivante : « pays sahélien, enclavé, aux potentialités limitées » ; cette image forgée depuis la période coloniale façonna son histoire économique.

1. L’économie voltaïque à l’épreuve des idéologies développementalistes.

Dans le contexte de confrontation des idéologies qui caractérisa l’histoire récente du monde, les premiers dirigeants de la Haute-Volta optèrent pour le modèle d’économie planifiée ; si à la fin de la décennie 1940, la puissance coloniale avait initié des plans de développement pour mieux réaliser les investissements, aux lendemains de l’indépendance, l’Etat intervenait dans la gestion économique pour trois raisons : mieux protéger l’économie nationale naissante, suppléer la faiblesse des opérateurs nationaux et créer les conditions d’émergence future de ceux-ci.

Malgré les contraintes réelles que sont l’enclavement, les aléas climatiques, la relative pauvreté des sols et la faiblesse des ressources naturelles, l’indépendance en elle-même constitua un événement d’euphorie et symbolisa l’optimisme, l’espoir et surtout un défi au sous-développement : par exemple, comment réaliser un taux de croissance économique supérieur au taux de croissance démographique qui était de l’ordre de 2,7% ?

Comment allier croissance économique et développement ? Ayant foi au progrès, les décideurs considéraient l’indépendance comme un puissant facteur de mutation et de croissance économique en faveur d’une population estimée en 1960 à 4 500 000 habitants. Ils projetaient de doter le nouvel Etat d’infrastructures dans le but de rentabiliser les ressources agricoles, minières et industrielles, et de marquer l’ouverture à l’économie sous-régionale et mondiale.

L’un des préalables à l’élaboration de grandes lignes directrices des politiques économiques fut d’établir un diagnostic de l’état de l’économie. Les nouvelles autorités eurent recours aux statistiques accumulées par l’administration coloniale sur les populations, les productions, les effectifs du cheptel, les échanges et aux inventaires des potentialités économiques. Evidemment, se posait la question de la fiabilité de ces statistiques en raison du quadrillage administratif sommaire du territoire.


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Dernière mise à jour du site : 28 septembre 2007
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